La recherche biomédicale néglige le sexe féminin

La recherche biomédicale se fait encore principalement sur des sujets masculins, autant du côté des rongeurs utilisés en laboratoire, que dans les études cliniques réalisées sur des humains. Une situation préoccupante qui peut avoir de lourdes conséquences sur la santé des femmes, mais qui évolue rapidement depuis quelques années.

En 2010, 81 % des études biomédicales financées par les Instituts de recherche en santé du Canada ne tenaient pas compte du sexe des sujets dans l’analyse de leurs résultats. Depuis, la situation s’est améliorée : ce pourcentage est passé à 60 % en 2015. La parité chez les animaux de laboratoire et dans les études cliniques est toutefois loin d’être une préoccupation partagée par tous les chercheurs.

Pourtant, un même médicament peut avoir une efficacité et des effets secondaires différents chez les hommes et les femmes. Malgré ces différences, beaucoup de scientifiques n’utilisent que des mâles dans leurs études en laboratoire, qui constituent les premières étapes dans le développement et l’optimisation de médicaments qui seront ensuite offerts à toute la population.

La recherche traditionnellement orientée vers les mâles

Plusieurs raisons historiques expliquent que les rongeurs mâles soient davantage utilisés dans les laboratoires de recherche. Au début du 20e siècle, certaines expériences tendaient à montrer que les cycles hormonaux des femelles pouvaient brouiller les résultats des expériences menées en recherche biomédicale.

À la fin des années 1990, plusieurs méta-analyses ont toutefois démontré que les femelles n’étaient pas plus sujettes à des variations que les mâles. Ceux-ci peuvent aussi être affectés par des fluctuations hormonales, et présenter une grande variabilité, par exemple en ce qui a trait au poids. Mais l’idée que les femelles présentent une variabilité trop importante est restée profondément ancrée dans les protocoles des scientifiques.

 

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