Marc Prentki : la recherche dans le sang

Marc-Prentki

Marc Prentki dans les laboratoires du CRCHUM.

Marc Prentki, professeur titulaire

Affiliation principale
Département de nutrition

Affiliation secondaire
Département de biochimie et médecine moléculaire

Discipline de recherche

  • Biochimie
  • Métabolisme
  • Nutrition
  • Biologie cellulaire

Lieu de travail

  • Centre de recherche du diabète de Montréal
  • Département de nutrition, Université de Montréal
  • Département de biochimie, Université de Montréal
  • Programme de biologie moléculaire, FES, Université de Montréal
  • Division of experimental medicine, Université McGill

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Pour Marc Prentki, la recherche en science est une tradition familiale. Non seulement son père était un physicien théoricien qui a travaillé pour l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), mais son grand-père adoptif était aussi un scientifique polonais renommé qui a, entre autres, contribué à établir la classification des groupes sanguins ABO. « J’ai eu la chance de grandir dans un environnement extrêmement stimulant, reconnaît le biochimiste spécialisé dans le diabète et l’obésité affilié au Centre de recherche du CHUM, qui est né en France, mais a été élevé en Suisse. Quand j’étais jeune, des gens absolument exceptionnels venaient à la maison, dont des prix Nobel de physique et de biologie. »

Le chemin était donc tout tracé pour le jeune homme, qui a fait des études postdoctorales en biochimie à l’Université de Genève avant de poursuivre sa formation aux États-Unis au début des années 1980. « Je m’intéressais beaucoup au mécanisme par lequel le glucose stimule la sécrétion d’insuline et le laboratoire de l’Université de Pennsylvanie était l’un des meilleurs dans le domaine alors j’y suis allé pour faire un autre postdoctorat, raconte M. Prentki, qui a commencé à étudier les causes du diabète dès sa maîtrise. Mais ça n’a pas duré longtemps parce que j’ai obtenu un fonds de recherche du National Institutes of Health, ce qui m’a permis de devenir chercheur indépendant. C’est là que ma carrière a vraiment démarré, un peu sur les chapeaux de roues. »

Ce que j’ai pu accomplir ici va bien au-delà de tout ce dont j’aurais pu rêver

Marc-Prentki2Après quelques années en sol américain, Marc Prentki décide de revenir à Genève, où il obtient un poste de professeur adjoint à l’Institut de biochimie clinique. Même s’il possède son propre groupe de recherche et que son laboratoire fonctionne bien, le chercheur ne tarde pas à se sentir limité sur le plan professionnel. Il choisit donc de repartir à l’étranger. « J’avais des possibilités en France, aux États-Unis et au Canada. J’ai choisi le dernier, parce qu’il m’apparaissait un bon compromis entre la société européenne et américaine », précise-t-il.

En 1994, Marc Prentki retraverse l’Atlantique avec sa femme et leurs trois fils pour se joindre aux départements de nutrition et de biochimie de l’Université de Montréal, où il enseigne toujours. Un choix qu’il n’a jamais regretté. « Ce que j’ai pu accomplir ici va bien au-delà de tout ce dont j’aurais pu rêver », assure-t-il. La liste des réalisations du titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le diabète et le métabolisme est en effet impressionnante. Elle comprend la création du Centre de recherche de diabète de Montréal, qui a ouvert ses portes en 2004 et dont M. Prentki est le principal instigateur ainsi que le directeur, mais aussi plusieurs recherches innovatrices qui ont permis de faire avancer les connaissances en matière de diabète, d’obésité et de certains types de cancers.

C’est notamment le cas pour la glucolipotoxicité, une théorie énoncée en 1996 par M. Prentki et B. Corkey sa collaboratrice de toujours, qu’ils ont depuis réussi à prouver en laboratoire. « On a été les premiers à suggérer que les graisses, particulièrement en synergie avec le glucose, induisent des dommages à la cellule bêta pancréatique et réduisent sa production d’insuline, explique-t-il. Nous avons démontré que c’était l’un des mécanismes impliqués dans ce qu’on appelle la défaillance de la cellule bêta, plus particulièrement dans le cas du diabète de type 2. » Cette découverte a ouvert la voie à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques, qui pourraient se traduire en des applications concrètes pour les patients.

Le laboratoire de Marc Prentki travaille d’ailleurs sur plusieurs projets qui vont dans ce sens. « Nous étudions présentement une enzyme du métabolisme des lipides qui, inhibée par des médicaments chez les souris, diminue l’appétit, protège de l’obésité, de la résistance à l’insuline et de l’hyperinsulinémie, en plus d’inciter les animaux à faire plus d’exercices, relate-t-il au sujet de cette recherche, qui vient de recevoir 1,5 million de dollars en subvention du Fonds AmorChem. Nous explorons aussi la « glucolipo-désintoxication » par le biais d’une enzyme qui, lorsqu’on augmente son activité, peut renverser la toxicité des nutriments en excès, incluant celle du  glucose et des lipides. »

Avec toutes ces recherches excitantes, Marc Prentki est loin de songer à accrocher son sarrau, même s’il se trouve maintenant au début de la soixantaine. « Je dirais que, en ce qui concerne mon labo, c’est l’une des meilleures périodes de ma vie, confie-t-il. On a n’a pas toujours cette chance en science, alors la retraite peut attendre. »

 

Mars 2014
Rédaction : Annik Chainey

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