Diane Provencher : Les patientes en tête

Diane Provencher et Anne-Marie Mes-Masson au CRCHUM.

Diane Provencher, professeure titulaire

Le cancer de l’ovaire : 17 000 Canadiennes vivent avec et 2 600 autres seront diagnostiquées cette année. Loin de l’effrayer, ces statistiques sont le moteur de l’engagement de Diane Provencher, médecin, chirurgienne, gynécologue-oncologue au Service de gynécologie oncologique du CHUM, professeure titulaire et responsable de la Division de gynécologie oncologique au Département d’obstétrique-gynécologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Depuis bientôt 30 ans, ses collègues et elle tissent serré travail clinique et recherche fondamentale pour mieux lutter contre ce cancer.

Affiliation principale

Département d’obstétrique-gynécologie

Lieu de travail

CHUM

Disciplines de recherche

  • Gynécologie oncologique
  • Cancer du sein
  • Cancers gynécologiques
  • Maladies génétiques

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Sa mère lui avait dit : « Les anglophones sont meilleurs. En tout. » Elle a voulu lui prouver le contraire. Un mantra qui jalonne sa vie professionnelle. Elle commence sa médecine à 18 ans (Université de Montréal, 1974-1979) dans la même classe que Philippe Couillard et devient chercheuse par la bande grâce aux hasards de la vie et à l’influence de grands mentors ; Dr R.A.H. Kinch, Dr Robert Seymour, Dr Hervy Averette, Dr John Lewis, etc.

En résidence en obstétrique et gynécologie à l’Université McGill (1979-1984), elle désire mieux aider ses patientes. Direction le sud pour compléter sa formation. Elle entame un postdoctorat en gynécologie oncologique à l’Université de Miami en 1986 et devient ainsi « la 2e femme à intégrer ce programme américain! »

 

Comme clinicienne, une évidence la frappe alors : « la nécessité de faire le pont entre le travail clinique et la recherche fondamentale pour faire avancer les traitements offerts à nos patientes.

 

Sur la route du retour au Québec, Diane Provencher fait halte à New York. Elle s’y éveille à la recherche fondamentale sur le cancer de l’ovaire au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center entre 1988 et 1990. À son retour au pays, elle pose son stéthoscope à l’hôpital Notre-Dame. Comme clinicienne, une évidence la frappe alors : « la nécessité de faire le pont entre le travail clinique et la recherche fondamentale pour faire avancer les traitements offerts à nos patientes. »

Des pionnières de la recherche translationnelle

Heureuse coïncidence : en décembre 1990, lors d’une conférence à l’Institut du cancer de Montréal (ICM), Anne-Marie Mes-Masson, professeure titulaire au Département de médecine et spécialités médicales de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, oncologue moléculaire et actuelle directrice scientifique de l’ICM, se présente à elle. La connexion se fait naturellement. Les deux femmes collaborent pour le meilleur. « Depuis près de 30 ans déjà! », songe Diane Provencher.

Parmi leurs réalisations, une banque de tissus et de données rassemble environ 9 000 échantillons provenant de tumeurs ovariennes (malignes ou bénignes) reliés aux informations médicales et moléculaires des patientes. Une biobanque unique à partir de laquelle il est possible de fabriquer ses propres lignées cellulaires pour mener des tests avec des traitements potentiels. Ce travail de longue haleine rappelle celui de la biobanque de 3 000 échantillons du projet pancanadien C.O.E.U.R. (Cancer Ovary Experimental Unified Resources – Terry Fox Research Institute) lequel les deux femmes ont initié avec Daniel Huntsman de Vancouver.

Aujourd’hui, l’expertise développée au Centre de recherche du Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) résonne dans la récente étude internationale menée par la Dre Diane Provencher via le Groupe canadien des essais sur le cancer (CCTG) : Étude de la phase II portant sur la chimiothérapie intrapéritonéale (IP) conjuguée à la chimiothérapie intraveineuse (IV) par rapport à la combinaison carboplatine et paclitaxel administrée par voie IV à des patientes qui ont un épithéliome de l’ovaire réduit de façon optimale par une intervention chirurgicale suivant une chimiothérapie intraveineuse néoadjuvante OV.21.

« Tout seul, on peut aller plus vite. En groupe, on peut aller plus loin », rappelle-t-elle en citant les six autres membres du service de gynécologie oncologique (Dre Béatrice Cormier, Dr Philippe Gauthier, Dre Annick Orvoine Serra Pina, Dre Vanessa Samouëlian, Dr Philippe Sauthier, Dr Thomas Warkus, sans compter le legs du Dr Pierre Drouin). Une force qu’elle tire peut-être de ses moments de réflexion passés à observer ses chevaux depuis la fenêtre de sa cuisine.

En arrière-plan de cette chevauchée spirituelle : la vie de ses patientes. « Être capable de leur offrir des traitements de pointe comme le Taxol dans les années 1992-1996, une molécule (inhibiteurs de PARP) tout juste homologuée aux États-Unis et au Canada ou plus récemment l’injection intrapéritonéale de chimiothérapie et les avancées de l’immunothérapie », voilà l’espoir que peuvent susciter nos recherches au CHUM. Son engagement a des accents humains. C’est certain.

 

Novembre 2017
Rédaction : Bruno Geoffroy
Photo : Bonesso-Dumas

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