Nazzareno D’Avanzo : Comprendre le mystère des protéines

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Nazzareno D’Avanzo en compagnie d’un collaborateur dans son laboratoire de l’UdeM

Nazzareno D’Avanzo, professeur sous octroi adjoint

Affiliation principale

Département de pharmacologie et physiologie

Disciplines de recherche 

  • Physiologie
  • Biophysique
  • Biochimie
  • Canaux ioniques

Lieu de travail 

Groupe d’étude des protéines membranaires (GÉPROM)

L’intérêt de M. Nazzareno D’Avanzo pour les sciences remonte à l’enfance. Ses parents ont dû visiter régulièrement la bibliothèque du quartier d’Etobicoke, à Toronto, afin de trouver des réponses aux nombreuses questions de leur petit garçon. « J’étais très curieux. Enfant, je participais à toutes sortes de concours scientifiques et j’adorais visiter les expo-sciences », se rappelle le chercheur.

Pas étonnant qu’il se soit dirigé vers le domaine scientifique en complétant un doctorat en  physiologie à l’Université de Toronto. « Mais j’aurais aussi été heureux d’exercer le métier d’avocat criminaliste, car il y a des similarités avec le domaine de la recherche, ou encore de policier pour l’aspect physique lié à cette fonction », confie M. D’Avanzo. En 2007, il quitte le Canada pour effectuer un postdoctorat à la prestigieuse Université d’Oxford, en Angleterre. C’est d’ailleurs à l’Université d’Oxford que le jeune chercheur apprend à purifier les protéines membranaires humaines afin de déterminer leur structure atomique par cristallographie aux rayons X, des connaissances qui lui serviront dans ses futures recherches sur le cœur.

À la suite d’un deuxième  stage postdoctoral à l’Université Washington de St-Louis entre 2009-2012, il obtient un poste de professeur au Département de physiologie moléculaire et intégrative de la Faculté de médecine de l’UdeM en mai 2012. Parallèlement à son travail d’enseignement aux étudiants de deuxième et troisième cycles, ses activités de recherche au sein du Groupe d’étude des protéines membranaires (GÉPROM) occupent une part importante de son travail. « Montréal possède une expertise dans le domaine de la recherche liée à la physiologie moléculaire et les protéines membranaires, et le GÉPROM m’a incité à déménager à Montréal. La collaboration entre les 27 chercheurs du groupe qui proviennent de différentes disciplines et universités [Université de Montréal, Université de Concordia et Université McGill] est absolument géniale. »

J’étais très curieux. Enfant, je participais à toutes sortes de concours scientifiques et j’adorais visiter les expo-sciences

portrait_pageDans son laboratoire situé au pavillon Paul-G.-Desmarais, les activités de recherche de M. D’Avanzo portent principalement sur le fonctionnement moléculaire des protéines membranaires appelées canaux ioniques, qui sont importantes dans la fonction cardiaque et neuronale. M. D’Avanzo a un intérêt particulier pour les canaux ioniques HCN (Hyperpolarisation-activated cyclic-nucleotide gated channels), qui aident à définir le rythme du battement cardiaque. Les perturbations dans le fonctionnement de ces protéines ont été associées à l’épilepsie et à l’arythmie cardiaque, un trouble qui peut causer la mort subite. « Mon laboratoire cherche à comprendre comment la structure de ces protéines fait en sorte que celles-ci sont sensibles aux changements d’environnement [voltage, lipides, autres protéines et molécules], ce qui a un impact sur leur fonctionnement. Nous cherchons également à comprendre, sur le plan moléculaire, comment les mutations dans la séquence d’ADN de ces protéines peuvent provoquer l’arythmie cardiaque et la mort subite, notamment chez les nourrissons et dans les cas d’épilepsie. »

Avec une meilleure compréhension de la structure des canaux HCN et de leur fonctionnement, M. D’Avanzo souhaite que ses recherches permettent de concevoir de nouvelles approches thérapeutiques pour mieux traiter les patients, « que ce soit par rapport au dépistage génétique ou à l’élaboration de médicaments préventifs pour éviter l’épilepsie, les arythmies cardiaques et surtout la mort subite. »

Bien que passionné par son travail en enseignement et par ses activités de recherche, une vie familiale bien remplie l’attend à la maison après avoir quitté le campus. « J’ai trois enfants de moins de quatre ans. Ma petite dernière est née en janvier dernier. Montréal est d’ailleurs une ville fantastique pour élever des enfants en raison de sa sécurité et de son bilinguisme ». Quand il s’accorde un moment de détente, la lecture devient son refuge. « J’aime lire sur des personnalités du monde scientifique telles qu’Einstein ou encore des livres comme The Making of the atomic bomb. Comme vous pouvez le constater, mes lectures ont souvent un lien avec la science! »

 

Janvier 2016
Rédaction : Técia Pépin
Photo : bonesso-dumas

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