Vincent Archambault : l’art d’être chercheur

Vincent Archambault

Vincent Archambault dans les laboratoires de l’IRIC.

Vincent Archambault, professeur adjoint

Affiliation principale
Département de biochimie et médecine moléculaire

Discipline de recherche

  • Biologie moléculaire et cellulaire, génétique

Domaines d’intérêts

  • Mécanismes moléculaires qui régulent la progression du cycle de la division cellulaire

Lieu de travail

  • IRIC, Unité de recherche sur la régulation du cycle cellulaire
  • Département de biochimie et médecine moléculaire

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Fils d’un père professeur de physique au cégep et d’une mère artiste, Vincent Archambault affirme que son travail de chercheur lui permet de mettre à profit tant le côté rationnel que la créativité hérités de ses parents. « S’il est vrai que la recherche exige un bon esprit d’analyse, elle demande aussi bien de l’imagination pour envisager toutes les explications possibles aux phénomènes observés et toutes les façons de tester des idées », soutient le biochimiste, qui étudie les mécanismes moléculaires régulant la progression du cycle de la division cellulaire à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal.

Les recherches de M. Archambault, bien qu’essentiellement fondamentales, pourraient éventuellement servir à trouver de nouveaux traitements contre les diverses formes de cancer. « Cette famille de maladies est causée par des dérèglements qui font en sorte que les cellules prolifèrent ou se divisent trop, précise celui qui est aussi professeur sous octroi adjoint au Département de biochimie et de médecine moléculaire de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Les causes moléculaires de ces dérèglements sont multiples et c’est ce qui fait la difficulté de trouver des moyens de traiter les différents types de cancer. D’où l’importance de comprendre les mécanismes normaux qui contrôlent la division cellulaire. »

S’il est vrai que la recherche exige un bon esprit d’analyse, elle demande aussi bien de l’imagination pour envisager toutes les explications possibles aux phénomènes observés et toutes les façons de tester des idées

Vincent Archambault

Pour M. Archambault, la surprise est une composante essentielle de la recherche fondamentale et c’est ce qui la rend si excitante. C’est en cherchant des gènes fonctionnant avec la kinase Polo chez le modèle de la mouche drosophile que les scientifiques ont découvert un mécanisme moléculaire qui joue un rôle central dans la régulation du cycle cellulaire eucaryote. M. Archambault explique : « Un grand nombre de protéines doivent être phosphorylées par la kinase CDK1 à l’entrée en mitose. Plusieurs de ces substrats sont ensuite déphosphorylés par la phosphatase PP2A pour permettre la sortie de mitose. Notre équipe a participé à la découverte d’un module par lequel la kinase Greatwall collabore avec CDK1 en inhibant PP2A en début de mitose. » Cette découverte révèle un morceau important de la machinerie moléculaire qui coordonne les divisions cellulaires, tant en mitose qu’en méiose. Les recherches de l’équipe de Vincent Archambault visent maintenant à élucider en détail les fonctionnements et les implications de ce nouveau module dans la cellule.

Les scientifiques sont tombés sur Greatwall en cherchant des gènes fonctionnant avec la kinase Polo, une autre enzyme découverte chez la mouche qui joue un rôle clé dans le contrôle du cycle cellulaire de la levure à l’homme. « Polo est particulièrement importante pour les cellules cancéreuses, qui ont davantage besoin d’elle pour se diviser et survivre que les cellules saines, indique Vincent Archambault à propos de la kinase, qui est au centre de l’autre grand projet de son laboratoire. Donc, en principe, si on arrive à l’inhiber partiellement dans les cellules cancéreuses, on pourrait tuer ces dernières sans détruire les cellules saines. » Le biochimiste et ses collaborateurs tentent actuellement d’identifier des molécules chimiques capables de moduler l’activité de la kinase Polo et de la bloquer suffisamment pour supprimer les cellules cancéreuses, et ce, avec le concours de l’équipe de la plateforme de criblage à haut débit de l’IRIC.

Vincent Archambault espère que quelques-unes de ses découvertes pourront éventuellement mener à des applications cliniques concrètes. « Plus jeune, je n’avais pas de grandes ambitions concernant ce que j’allais laisser derrière moi, confie l’adepte de jardinage et de vélo qui est papa de deux enfants. Mais en vieillissant, c’est le genre de choses auxquelles on se met à réfléchir et, avec le recul, j’ai développé le souhait que mes travaux puissent un jour contribuer à améliorer la santé des gens. »

 

Mai 2014
Rédaction : Annik Chainey

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