Une seule santé : s’unir pour mieux lutter

31 mars 2020

La planète Terre est petite. « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas? », s’interrogeait le scientifique américain Edward Lorenz, en 1972.

Nous le voyons actuellement, le nombre de voyageurs augmente sans cesse et les virus se répandent plus facilement. La crise climatique favorise l’émergence de certaines zoonoses comme les coronavirus bien sûr, mais également la maladie de Lyme et le virus Ebola. L’usage abusif d’antibiotiques en médecine tant humaine que vétérinaire a accéléré l’antibiorésistance et limite maintenant le traitement de certaines infections.

Quand on réalise que 60 % des maladies infectieuses chez l’homme sont d’origine animale (domestique ou sauvage) ou que les changements climatiques causent une exacerbation des problèmes cardiorespiratoires de même que de l’insécurité alimentaire, force est d’admettre que tout est relié : la santé humaine, animale et celle des écosystèmes du vivant et de la nature.

Face à ce constat, il m’apparaît évident que la santé doit ainsi être appréhendée plus globalement. Les solutions aux problèmes de santé complexes auxquels nous faisons actuellement face nécessitent l’intervention de nombreuses disciplines et la collaboration de plusieurs secteurs des sciences, incluant les sciences humaines et sociales.

Il y a quelques années, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lançait son concept « Une seule santé » (One Health). Cette approche invite les décideurs, les citoyens, les chercheurs et les travailleurs aux échelles locale, nationale et mondiale à mettre en œuvre des interventions conjointes pour répondre aux menaces qui pèsent sur la santé mondiale.

Plus que jamais, comme scientifiques ou professionnels de la santé et des services sociaux, je nous invite à mettre en commun et à rendre disponibles nos connaissances, nos données et nos résultats de recherche pour une science ouverte. À cet effet, j’ai actuellement le privilège de contribuer au développement d’un programme universitaire interfacultaire de troisième cycle en recherche portant sur une seule santé.

Aucun secteur de connaissances, aucun pays ne peut parvenir de manière isolée à la résolution des problèmes de santé actuels, particulièrement la COVID-19. Il faut favoriser les rapprochements entre les experts des cinq continents en santé humaine, santé animale, santé publique et santé des écosystèmes.

Unissons nos forces pour lutter ensemble pour la santé, pour une seule santé.

 

Hélène Boisjoly
Doyenne de la Faculté de médecine