An Tang: un radiologiste qui poursuit un idéal esthétique

21 septembre 2021
Dr An Tang
Dr An Tang

«J’ai une double vie.»

Voilà comment se décrit, mi-sérieux mi-espiègle, le Dr An Tang, nouvellement professeur titulaire au Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire de l’Université de Montréal.

Fier produit de l’UdeM, où il a fait sa résidence en radiologie et une maîtrise en sciences biomédicales, le professeur explique cette dualité par les deux rôles qui habitent son quotidien: la pratique médicale et la recherche.

Peu importe la casquette qu’il revêt, une certitude demeure: le Dr Tang est un passionné. Il voue un amour particulier à son domaine, qu’il situe à «l’intersection de la médecine et de la physique».

Mais c’est d’abord l’aspect esthétique de la radiologie qui a séduit le Dr Tang.

«La radiologie est une discipline d’images, et j’ai toujours été attiré par la photographie comme forme d’art. Quand je produis des échographies par exemple, je veux transmettre à mes étudiants et étudiantes un idéal esthétique; produire une image éloquente, digne d’être publiée dans un manuel. Cet esthétisme est aussi lié à une volonté de rigueur et de communication visuelle: quand on arrive à produire une image qui montre clairement qu’une aiguille de biopsie est dans la lésion ciblée, on obtient une preuve par l’image. Et cet élément de traçabilité, ça m’anime.»

Outre la composante visuelle du métier de radiologiste, le travail analytique et déductif de cette spécialité interpelle le professeur. «C’est un travail de détective! Pour poser un diagnostic, un seul examen ne suffit pas toujours, il faut souvent éplucher les dossiers et croiser les informations provenant de différentes techniques d’imagerie ou d’examens antérieurs.»

Radiologie et intelligence artificielle

En plus de sa pratique clinique au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), le Dr Tang est chercheur au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM). Financé par le Fonds de recherche du Québec – Santé à titre de chercheur sénior, il mène des travaux de recherche sur l’imagerie des biomarqueurs des maladies chroniques du foie (hépatopathies) et sur la détection du cancer du foie à l’aide de techniques d’intelligence artificielle (IA).

L’IA est un champ d’activité en pleine effervescence, particulièrement en santé. En radiologie, l’utilisation d’outils d’apprentissage profond (deep learning) permettra d’améliorer la détection, le diagnostic et la prédiction de l’évolution des maladies, mais aussi le triage des patients en fonction de la gravité de leur cas.

«Dans le domaine de la radiologie, l’IA n’est pas une fin en soi, mais un outil qui s’ajoutera à l’arsenal diagnostique. Cela peut prendre la forme d’une aide précieuse dans les scénarios de triage, en permettant d’assigner des niveaux de priorité. C’est aussi une intelligence complémentaire à celle du radiologiste: les algorithmes d’apprentissage profond peuvent servir de second lecteur pour des examens plus difficiles à lire, comme les mammographies.»

Un fier clinicien-chercheur

Se déplaçant du laboratoire au chevet du patient, le Dr Tang est un fervent porte-parole des idéaux universitaires voulant que les soins, l’enseignement et la recherche soient valorisés à parts égales.

À ses yeux, le programme de formation de cliniciens-chercheurs offert à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal «participe activement au développement du savoir-faire nécessaire à la mise au point de nouvelles méthodes et technologies visant à mieux prévenir, diagnostiquer et traiter les enjeux de santé actuels».

Et il se réjouit de constater que, d’année en année, le programme forme de plus en plus de recrues qui, comme lui, pourront mener une double vie de clinicien et de chercheur.