La communication assistée par la technologie pourrait nuire au développement du cerveau

27 janvier 2023

Selon une étude internationale, l’utilisation d’applications de visioconférence comme Zoom ou FaceTime aurait des conséquences néfastes sur la cognition sociale et son développement.

Zoom, Teams, Messenger, FaceTime, Skype, WhatsApp: les services de visioconférence sont multiples et n’ont jamais été autant utilisés que depuis la pandémie de COVID-19.

Si la transition vers la communication assistée par la technologie a touché toutes les facettes de la vie sociale humaine depuis les trois dernières années, la littérature scientifique fait pourtant peu état des répercussions de ces outils sur le cerveau social.

Les interactions médiées par la technologie peuvent-elles avoir des conséquences d’un point de vue neurobiologique qui pourraient interférer avec le développement des capacités sociales et cognitives?

C’est ce qu’a voulu savoir une équipe de recherche internationale dont fait partie Guillaume Dumas, professeur au Département de psychiatrie et d’addictologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur principal du Laboratoire de psychiatrie de précision et de physiologie sociale du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Membre académique associé à Mila – l’Institut québécois d’intelligence artificielle – et titulaire de la Chaire IVADO en intelligence artificielle et en santé mentale, Guillaume Dumas s’intéresse aux neurosciences sociales, à la biologie des systèmes et à l’intelligence artificielle.

Dans le cadre de cette étude, le chercheur et son équipe ont comparé l’activité électrique des cerveaux de 62 mères et de leur enfant âgé de 10 à 14 ans au cours d’une interaction en face à face par rapport à une communication à distance assistée par la technologie.

Grâce à une technique nommée hyperscanning, qui permet l’enregistrement simultané de l’activité cérébrale de différents sujets, l’équipe a constaté que l’interaction à l’aide d’une plateforme de visioconférence atténuait la synchronisation intercérébrale entre la mère et l’enfant.