Hommage posthume à Monsieur Feridoun Babaï (1935 – 2026)

Le 23 janvier dernier, nous apprenions le décès du Professeur Feridoun Babaï, à l’âge de 90 ans.

Originaire de l’Azerbaïdjan iranien, Feridoun Babaï fait ses études supérieures en médecine à l’Université de Tabriz en Iran. Il émigre alors au Québec, poursuit ses études de médecine spécialisées en pathologie à l’Université de Montréal, et obtient un diplôme de maîtrise ès sciences en pathologie de la Faculté de médecine. Nommé professeur agrégé au Département de pathologie en 1975, il devient professeur titulaire en 1981 et choisit une carrière universitaire pour se consacrer à la recherche et à l’enseignement. M. Babaï prend sa retraite en 2000.

Ses travaux de recherche ont porté sur les lésions auditives du syndrome d’Alport, les études ultrastructurales de l’invasion du foie par l’hépatome de Novikoff, la biopathologie de l’invasion tumorale et la biopathologie des métastases. Souhaitant laisser un bilan de sa vie scientifique, politique et personnelle, il rédige un rapport de 21 chapitres, décrivant sa vie et sa carrière consacrée à l’enseignement et à la recherche. La Division des archives et de la gestion de l’information (DAGI) rassemble ses écrits sous le fonds Babaï, Féridoun. M. Babaï y relate son intégration et sa contribution à la société québécoise, notamment dans ses écrits et séminaires sociopolitiques, rédigés en français et en persan. Sept manuscrits décrivent ses souvenirs de l’Iran intitulés « De Khameneh à Montréal en passant par Tabriz« , en persan. Immigrant très bien intégré à la société et culture Québécoise, il dépose un mémoire critique sur l’avenir du Québec en lien avec l’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec.

Ses étudiants, amis, collègues du Département de pathologie et biologie cellulaire se souviennent …

« Excellent professeur, le Dr Babaï enseignait sa matière avec passion et suscitait chez ses étudiants la réflexion. J’ai eu la chance de l’avoir comme professeur vers la fin de sa carrière. Il enseignait la biopathologie du cancer dans le cours de pathologie du programme de biologie médicale, alors, sous la Faculté des Arts et Sciences. C’était une belle époque; il faisait équipe avec plusieurs professeurs de grand calibre que le département a connus comme le Dr Gaétan Jasmin. Ce cours m’avait marqué comme jeune étudiant universitaire. » (Jean-Gilles Latour, directeur 1997 à 2004).

« Dr Babaï fut mon professeur quand j’étais résident en pathologie et ensuite mon collègue à l’Université de Montréal dans les années 1990. Féridoun était une personne passionnée et entière. Il a travaillé sans relâche à développer sur le campus de l’Université de Montréal, un axe de recherche en cancérologie. À l’aide d’un modèle original de rhabdomyosarcome, il a entrepris des travaux de recherche concernant les gènes qui contrôlent la métastase.  Je crois qu’il a été le premier à décrire en détail les étapes de l’invasion et de la métastase grâce à ses observations en microscopie électronique. En cela, il aurait devancé l’américain Lance Liotta.  Sur le plan personnel, c’était un homme fier de ses origines, profondément humain et versé en poésie Persane » (Louis Gaboury, directeur 2013-2021).

Par Josette Noël, Secrétaire de la Faculté de médecine.