Plus de temps pour approfondir certains champs d’exercice, gagner en autonomie et préciser sa future pratique: une résidente et deux médecins en début de carrière racontent ce qu’une troisième année de résidence en médecine de famille peut apporter à la formation.
Emiliya Boncheva: «Mieux savoir quel type de médecin je souhaite devenir»
En première année de résidence en médecine de famille, la Dre Emiliya Boncheva envisage une pratique polyvalente, qui combine les soins de première ligne et l’hospitalisation.
«Une troisième année me permettrait de consacrer davantage de temps aux domaines qui m’intéressent, comme la gériatrie, mais aussi d’explorer l’enseignement, la question du leadership et la carrière universitaire. Cela dit, je ne vois pas cette année supplémentaire comme une nécessité, plutôt comme une occasion de personnaliser davantage ma formation. Je pourrais ainsi commencer la pratique avec plus de confiance et une meilleure idée du type de médecin que je souhaite devenir. Pour moi, cette confiance passe aussi par le fait de développer son autonomie, d’être confronté à toutes sortes de situations et de prendre de plus en plus de responsabilités. Se sentir prêt ne veut pas dire avoir réponse à tout. C’est avoir un bon jugement clinique, reconnaître ses limites et savoir quand demander de l’aide.»
Rose Trevisan: «Deux ans, ça passe trop vite!»
La Dre Rose Trevisan vient de terminer sa résidence en médecine de famille et poursuit une formation complémentaire relative aux troubles musculosquelettiques. Elle souhaite exercer en milieu universitaire et contribuer à la formation de la relève.
«En deux ans, on a peu de temps pour explorer toutes les facettes de la médecine de famille, comme la dermatologie et les problèmes musculosquelettiques, qui sont pourtant très présents en première ligne. Avec une troisième année, j’aurais consacré davantage de temps aux domaines liés à ma future pratique, notamment l’enseignement et les soins aux personnes âgées. J’aurais aussi pu gagner en confiance dans mon rôle de médecin de famille et de superviseuse. Mais je dois dire que les collègues facilitent mon intégration professionnelle! J’ai la chance de travailler dans un milieu que je connais, entourée de personnes qui m’ont supervisée. En toute honnêteté, je ne pense pas qu’on puisse se sentir complètement prêt dès son premier jour. Voilà pourquoi c’est si important de pouvoir compter sur des personnes qui peuvent nous guider.»
Sarah Abboub: «Une troisième année m’aurait donné plus de confiance»
La Dre Sarah Abboub a terminé sa résidence en médecine de famille en juillet et vient d’amorcer sa pratique. Elle partage son temps entre la prise en charge en première ligne et l’hospitalisation.
«En deux ans, on apprend énormément et on progresse beaucoup, mais il reste forcément des situations qu’on a peu ou pas rencontrées. Une troisième année m’aurait permis d’approfondir mes connaissances et de choisir davantage de stages en fonction de ma future pratique. Elle m’aurait aussi donné plus de temps pour me préparer à tout ce qui vient avec le début de la pratique: la facturation, les finances, le travail autonome… Pendant la résidence, on se concentre sur le fait de devenir des médecins compétents. Quand on commence à exercer, on réalise qu’il y a aussi beaucoup de choses qui tournent autour de la médecine sans être directement d’ordre médical. Et je pense qu’on ne se sent jamais totalement prêt. Ce qui m’aide grandement aujourd’hui, c’est de savoir que je peux compter sur les gens autour de moi. C’est correct de ne pas tout savoir. L’important, c’est de reconnaître ses limites, de savoir où chercher l’information et quand demander de l’aide et, surtout, de bien s’entourer.»



