Addictologie et psychiatrie vont de pair

13 mars 2018
Membres du Département de psychiatrie et d’addictologie

Depuis le 12 février 2018, le Département de psychiatrie de la faculté a été rebaptisé Département de psychiatrie et d’addictologie. Cette nouvelle appellation vise notamment à refléter l’expertise de celui-ci en la matière ainsi qu’à reconnaître l’importance des problèmes associés à la dépendance et à l’impact que celle-ci peut avoir sur la santé mentale.

« Nous sommes le premier département d’une faculté de médecine à arborer cette appellation en Amérique du Nord, cela n’est pas anodin. Nous avons ici, chez nous, un bassin de chercheurs de haut calibre dans ce domaine malheureusement négligé, mais d’une importance cruciale », précise le Dr François Lespérance, directeur du département.

Ce changement de nom a reçu un appui sans équivoque des membres du département lors de sa dernière retraite, ce qui témoigne du fort niveau de mobilisation derrière le projet.

« Le département a l’ambition de se distinguer vis-à-vis des autres départements de psychiatrie au Canada, aux États-Unis et en Europe. Nous avons déjà plusieurs chercheurs exceptionnels dans ce domaine et notre objectif est d’aller encore plus loin », poursuit le Dr Lespérance.

 

Le département a l’ambition de se distinguer vis-à-vis des autres départements de psychiatrie au Canada, aux États-Unis et en Europe. Nous avons déjà plusieurs chercheurs exceptionnels dans ce domaine et notre objectif est d’aller encore plus loin.

 

Selon le Dr Didier Jutras-Aswad, professeur agrégé et responsable de la toxicomanie au département : « le contexte de la légalisation du cannabis et de la vague de surdose aux opioïdes qui s’observe partout incite à une mobilisation du milieu et à une prise de conscience collective sur les interrelations entre la consommation de drogue, la maladie mentale et les problèmes sociaux qui y sont associés. Il y a en ce moment une faille dans le système de santé qui fait en sorte que plusieurs patients passent entre ses mailles, ne reçoivent pas de soins ou ne sont pas traités adéquatement. Par la recherche, l’enseignement et des programmes cliniques novateurs, nous pensons que nous pouvons contribuer à élaborer et mettre en place des solutions qui peuvent vraiment avoir un impact important sur le terrain ».

À titre d’exemple, un certificat en toxicomanie du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada est en développement pour pouvoir former la prochaine génération de médecins spécialistes qui veulent bonifier leur formation en toxicomanie. Le département est déjà un modèle au Québec pour son offre de stages en psychiatrie des toxicomanies pour les résidents en psychiatrie et ses programmes cliniques surspécialisés en troubles concomitants au Centre hospitalier de l’Université de Montréal et à la clinique Cormier-Lafontaine du CIUSSS de l’Est-de-l’Ile-de-Montréal. Le département est aussi étroitement impliqué dans la mise sur pied d’un centre d’expertise en troubles concomitants au RUIS de l’Université de Montréal. Ce centre vise à soutenir et améliorer les pratiques auprès des personnes atteintes de toxicomanie et de troubles de santé mentale.

Des chercheurs du département sont également reconnus comme des leaders en recherche sur la prévention de la toxicomanie, sur le cannabis, sur le lien entre santé mentale et dépendance et sur l’étude de traitements pharmacologiques novateurs pour la toxicomanie et les troubles de santé mentale associés. Les groupes menés par les Drs Patricia Conrod, Didier Jutras-Aswad, Stéphane Potvin et Jean Séguin sont particulièrement actifs dans ces champs d’expertise. Des membres du département jouent aussi un rôle important dans l’orientation des politiques et stratégies entourant la légalisation du cannabis et la crise des opioïdes, tant au niveau local que national.

L’Université de Montréal a aussi une forte concentration de talents en addictologie dans d’autres départements et facultés. La collaboration entre ceux-ci et le Département de psychiatrie et d’addictologie est déjà riche et fructueuse et s’annonce encore plus prolifique dans ce contexte.

« Il s’agit d’une démarche très inclusive et nous espérons accélérer les collaborations et les succès au bénéfice des patients et de la population, considérant les énormes besoins dans ces domaines », conclut le Dr Lespérance.