Un laboratoire sur la chaleur dans le salon

Jusqu’où le mercure à l’intérieur d’un logement peut-il monter avant que des risques pour la santé surviennent? Une équipe de recherche se déplace directement à domicile pour le savoir.

Ces dernières années, les épisodes de chaleur extrême se sont multipliés. Un phénomène qui peut engendrer une augmentation des hospitalisations et de la mortalité. Pour prévenir ces risques, les instances de santé publique recommandent alors de limiter les efforts physiques trop intenses, de boire beaucoup d’eau, de fréquenter des lieux climatisés et de fermer les rideaux le jour.

Mais à partir de quand la température à l’intérieur d’un logement devient-elle réellement problématique pour la santé?

Traditionnellement, les effets de la chaleur sur le corps humain sont étudiés en laboratoire, dans une chambre climatique permettant de contrôler la température. Mais voilà qu’un projet de recherche lancé cet été mesure les conséquences de la chaleur en conditions réelles, soit directement dans les logements des participants.

L’objectif principal est d’établir un seuil critique de température intérieure. Autrement dit, de déterminer à partir de quel moment la chaleur entraîne une hausse dangereuse de certains indicateurs, qu’ils soient physiologiques (comme la fréquence cardiaque) ou perceptuels (tel le sentiment d’inconfort).

«Ce point de bascule thermique fait actuellement débat. Certains experts avancent 26 °C, d’autres 28 °C. L’étude vise à fournir des données concrètes pour trancher et, à terme, guider des normes ou des règlementations, notamment pour les milieux vulnérables comme les logements sociaux, les CHSLD ou même les écoles», explique Daniel Gagnon, chercheur derrière l’étude et professeur agrégé à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de la Faculté de médecine. Daniel Gagnon travaille de pair avec Luc Souilla, chercheur postdoctoral.