Quand l’éthique accompagne les décisions de fin de vie

Marie-Ève Bouthillier se penche sur le rôle méconnu des éthiciens cliniques auprès des professionnels de la santé et des familles de ceux et celles qui demandent l’aide médicale à mourir.

Une femme en phase terminale d’un cancer demande l’aide médicale à mourir, mais l’équipe soignante hésite: la patiente semble déprimée, mais cette dépression justifie-t-elle ou disqualifie-t-elle sa demande? Un éthicien clinique intervient alors pour poser les questions difficiles: a-t-on passé en revue toutes les sources de sa souffrance? Son consentement est-il libre ou influencé par un sentiment de fardeau pour ses proches?

Marie-Ève Bouthillier, professeure sous octroi agrégé au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de la Faculté de médecine de l’UdeM et chercheuse au Centre de recherche du CHUM, vient d’analyser ce rôle méconnu dans une étude menée au Québec et en Suisse. Ancienne responsable du Centre d’éthique du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval, où elle a traité des milliers de demandes d’aide médicale à mourir pendant près d’une décennie, elle connaît intimement les dilemmes éthiques liés à cet acte médical.