Une étude examine plus finement les relations entre la douleur chronique et le stress.
Le lien entre le stress et la douleur est bien connu: «La recherche indique que les personnes qui ont de plus hauts niveaux de stress vont généralement rapporter plus de douleurs», dit Gabrielle Pagé, professeure sous octroi agrégée au Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur de l’Université de Montréal. Mais ce lien est plus complexe qu’il y paraît. Ainsi, une situation stressante peut avoir l’effet inverse: un soldat blessé, par exemple, qui marcherait plusieurs kilomètres pour se mettre à l’abri avant de ressentir la douleur.
Sur le terrain, des programmes de gestion du stress sont déjà utilisés pour aider les personnes vivant avec une douleur chronique. «Mais ce qui manquait, selon nous, c’était de mieux comprendre de quelle façon la douleur peut elle-même devenir une source de stress, alimentant le cycle de la douleur», ajoute-t-elle. Avec son étudiante alors à la maîtrise en psychologie Karen Ghoussoub et plusieurs autres collaborateurs (dont Pierre Rainville, professeur au Département de stomatologie et spécialiste de la neuropsychologie de la douleur, Sonia Lupien, professeure au Département de psychologie de l’UdeM, et Mael Gagnon-Mailhot, à l’époque au doctorat), elle a voulu appliquer le modèle CINÉ à la perception de la douleur.
Contrôle faible, imprévisibilité, nouveauté, égo menacé: le modèle CINÉ, élaboré par Sonia Lupien, décortique les ingrédients déclencheurs de la réponse physiologique du stress. Ces facteurs provoquent une cascade de réactions dans le corps, dont la production de cortisol.
L’équipe s’est demandé si les mêmes caractéristiques des situations qui déclenchent une réponse de stress s’appliquaient à la douleur. Si c’est le cas, cette étude observationnelle pourrait donner des pistes pour concevoir des programmes personnalisés de gestion de la douleur. Les premiers résultats de ce projet financé par les Instituts de recherche en santé du Canada viennent d’être publiés dans la revue European Journal of Pain.



