Les patients comme partenaires des soins

14 mai 2019

En Amérique du Nord, une personne sur deux vit avec au moins une maladie chronique. Concrètement, cela représente des centaines de millions de patients et de proches qui font, au quotidien, l’expérience de la vie avec la maladie.

Ajoutez à cela des niveaux élevés de non-observance aux traitements, un accès accru de la population aux informations liées à la santé et un besoin grandissant de davantage d’autonomie pour les patients.

Vous obtenez alors le contexte idéal pour l’émergence du partenariat avec les patients.

Les concepts de « patient partenaire » et de « partenariat de soins » se décrivent comme une relation de coopération entre le patient, ses proches et les professionnels de la santé. Un patient partenaire est une personne qui devient progressivement apte, au fil de ses traitements, à faire des choix de santé libres et éclairés. Tout en reconnaissant l’expertise des professionnels de la santé, il oriente leurs préoccupations vers ses besoins et son bien-être à plus long terme.

Cette approche s’inscrit dans un processus dynamique d’interaction et d’apprentissage visant à favoriser l’autodétermination du patient et l’atteinte de résultats de santé optimaux. « Les savoirs pertinents pour être en santé ne sont plus détenus unilatéralement par les professionnels du milieu médical », explique Vincent Dumez, codirecteur du Centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public (CEPPP) et de la Direction collaboration et partenariat patient (DCPP).

Montréal, capitale mondiale du partenariat avec les patients

C’est dans un tel contexte marqué par des changements sociaux et technologiques importants que s’est tenu le Sommet international sur le partenariat avec les patients et le public (ISPPP), les 2 et 3 mai derniers, au Centre Sheraton Montréal Hôtel.

L’ISPPP a été organisé par le Centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public (CEPPP), une initiative conjointe soutenue par le vice-rectorat à la recherche, à la découverte, à la création et à l’innovation de l’Université de Montréal, la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM).

Premier rassemblement mondial dans le domaine du partenariat avec les patients et le public, l’ISPPP a réuni une communauté internationale de leaders afin de créer un forum de discussion unique sur l’état actuel de cette approche et d’établir une vision commune pour la transformation des systèmes de santé.

L’ISPPP a rassemblé sous un même toit des sommités en matière de partenariat avec les patients, notamment Robert Califf, cardiologue et ancien commissaire de la Food and Drug Administration (FDA) sous la présidence de Barack Obama.

Ce dernier a livré une conférence portant sur la quatrième révolution industrielle et l’importance de garder l’humain au cœur des décisions, malgré des données générées par ordinateur toujours plus précises. « La médecine commence avec les gens », a-t-il affirmé.

S’est également tenu un riche panel de discussion axé sur le futur du partenariat en soins directs où se sont notamment exprimés Karl Swedberg, professeur à l’Université de Gothenburg et premier chercheur à faire état des avantages des bêta-bloquants et Angela Coulter, professeure et chercheuse à l’Université d’Oxford.

Cette table ronde a fait ressortir l’importance de l’autogestion, du transfert de connaissances dans une optique de responsabilisation et du développement d’une culture de la santé. « Le patient ne devrait plus être un « quoi », mais bien un « qui » » a partagé monsieur Swedberg.

« Cette masse critique d’experts présents à Montréal a pu démontrer l’importance du renouvellement de la pensée en santé, a indiqué Vincent Dumez, lui-même grand usager des services de santé. Ces personnes permettent la reconnaissance du rôle essentiel des savoirs des patients et leur valeur. »

La Faculté de médecine, une expertise réputée

Première université au monde à avoir mis sur pied un programme de partenariat patient en éducation médicale, l’Université de Montréal et sa Faculté de médecine comptent aujourd’hui plus de 200 patients partenaires engagés auprès des étudiants et impliqués avec les chercheurs.

Par l’entremise du Centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public et de la Direction collaboration et partenariat patient, la faculté contribue à une transformation de la philosophie et des modèles de soins et services à partir d’une vision innovante qui place les patients comme partenaires.

« La Faculté de médecine est une actrice principale dans l’amélioration des soins de santé tant à l’échelle locale qu’internationale par une éducation médicale socialement responsable de même qu’une recherche engagée, indique la docteure Hélène Boisjoly, doyenne de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Le partenariat avec les patients et entre professionnels de la santé est une approche essentielle pour aborder les soins, l’enseignement et la recherche. »

D’ailleurs, afin de promouvoir cette approche, la faculté développe diverses initiatives de formation et de communication, notamment : la mise sur pied d’un Programme Partenaires de soins, l’élaboration de projets pilotes d’enseignement et la création de liens officiels avec des organismes de recherche comme les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Au cœur de toutes ces initiatives, existe une stratégie unique d’enseignement aux étudiants en médecine et en sciences de la santé par une intégration des patients.

 

Rédaction : Béatrice St-Cyr-Leroux