Déjouer les déserts médicaux grâce à la collaboration internationale

24 novembre 2022
De gauche à droite : Iheb Labbene (vice-doyen, Tunis), Mohamed Habib Elleuch (doyen, Sfax), Khaled Zeghal (ex-doyen, Sfax), Mohamed Jouini (doyen, Tunis), Patrick Cossette (doyen, Montréal), Hédi Khairi (doyen, Sousse), Ahmed Maherzi (directeur BRS, Montréal), Amri Charfeddine (doyen, Monastir), Sadok Besrour (Fondation Docteur Sadok Besrour)

En marge du 18e Sommet de la Francophonie, la CIDMEF et ses partenaires se sont réunis à Djerba, en Tunisie, pour une conférence scientifique sous le thème des déserts médicaux.

La Conférence de coordination francophone en santé, qui s’est tenue les 14 et 15 novembre, avait pour but de définir un plan stratégique élaboré autour de valeurs communes et d’un partenariat en santé adapté aux territoires d’organisations francophones.

«L’initiative pour un partenariat en santé [initiée par la Conférence internationale des doyens et des facultés de médecine d’expression française (CIDMEF)] vise à proposer des pistes de solutions aux enjeux de déserts médicaux. Tous les pays sont confrontés à des territoires sous-desservis selon différentes réalités, d’où la nécessité d’adapter les actions», explique le Dr Ahmed Maherzi, directeur du Bureau de la responsabilité sociale de la Faculté de médecine de l’UdeM. «Au Canada et en France, il s’agit souvent d’une répartition inégale des professionnelles et professionnels de la santé, tandis que les pays d’Afrique sont confrontés au manque de médecins et à la migration massive des cadres médicaux et paramédicaux.» Il précise du même souffle que des inégalités d’accès aux services médicaux peuvent aussi se creuser au sein même d’une ville. À Montréal, par exemple, les quartiers d’Outremont et de Hochelaga-Maisonneuve présentent un écart de 10 ans d’espérance de vie.

La Déclaration de Djerba, rédigée en synergie pendant la conférence, a été approuvée par tous les partenaires. Le plaidoyer, qui porte le sceau de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sera diffusé auprès des différents réseaux francophones des secteurs de la santé et de l’éducation ainsi que des instances politiques. «Comme l’indique la déclaration, nous souhaitons que cette coopération dans l’espace francophone devienne une référence mondiale en matière de politiques publiques en santé. Nous voulons favoriser l’échange d’expériences afin de nous inspirer les uns des autres», indique le Dr Maherzi.

La Faculté de médecine, partenaire incontournable

De gauche à droite : Patrick Cossette (doyen, Montréal), Jean-Luc Dumas (DG, CIDMEF), Ahmed Maherzi (directeur BRS, Montréal)

Le doyen de la Faculté de médecine, Patrick Cossette, a pris part aux échanges durant les ateliers. Ses propos ont retenu l’attention alors qu’il a présenté deux initiatives, soit le Campus de l’Université de Montréal en Mauricie et l’externat longitudinal intégré (ELI) à Amos, en réponse au manque de formation et de ressources médicales en région au Québec. Avec ses homologues des facultés de médecine tunisiennes – les doyens Mohamed Jouini (Tunis), Mohamed Habib Elleuch (Sfax), Hédi Khairi (Sousse) et Amri Charfeddine (Monastir) –, il a identifié des terrains d’intervention, telle la mise sur pied de campus délocalisés pour former la relève et contrer les déserts médicaux.

Prochaine étape : le Congrès international de médecine universitaire (CIMU) organisé par l’Association des facultés de médecine du Canada (AFMC) à Québec, en avril prochain, au cours duquel la CIDMEF exposera l’état d’avancement du plan stratégique. Le lancement du plan d’action est prévu pour 2024, lors du congrès du Réseau international pour la responsabilité sociale en santé (RIFRESS), à Strasbourg.

 

Par Joëlle Andraos