Agents conversationnels et santé mentale: quand les médias tirent la sonnette d’alarme

Comment les récits médiatiques relatent-ils les suicides, les hospitalisations ou les crises de personnes ayant consulté l’IA? C’est ce qu’a voulu cartographier une équipe de recherche de l’UdeM.

Depuis le lancement des grands modèles de langage de l’intelligence artificielle (IA), à l’automne 2022, des récits circulent dans les médias: des utilisateurs, souvent jeunes, auraient connu des épisodes psychotiques, auraient eu des idéations suicidaires ou se seraient enlevé la vie après des échanges intenses avec des robots conversationnels d’intelligence artificielle générative.

Ces reportages ont constitué une piste de recherche qu’a explorée Alexandre Hudon, médecin psychiatre et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie et d’addictologie de la Faculté de médecine de l’UdeM.

Plutôt que d’étudier les évènements eux-mêmes – ce que l’état actuel des données ne permet pas –, le Dr Hudon et ses collègues ont choisi d’analyser ce que les journalistes en ont rapporté dans un projet de recherche dont les résultats ont été publiés en mars dans la revue JMIR Mental Health. Ces travaux constituent à ce jour la plus vaste cartographie de la couverture médiatique de ce phénomène: 71 articles de presse représentant 36 cas distincts répertoriés entre novembre 2022 et décembre 2025.

«C’est la porte d’entrée que les médias nous ont ouverte, explique le Dr Hudon. Nous voyions passer des reportages sur des décès d’enfants et d’adolescents, des crises graves et ça nous a mis sur la piste.»