Quel rôle jouent les robots conversationnels dans votre santé mentale?

Un groupe de recherche pancanadien propose un cadre pratique pour aider les professionnels de la santé mentale à évaluer systématiquement le recours à l’IA de leurs patients.

«Comment allez-vous? Dormez-vous bien? Consommez-vous de l’alcool?» Autant de questions qui rythment une visite chez un professionnel de la santé mentale.

Bientôt, une autre question pourrait trouver sa place dans cette entrevue clinique: «Comment utilisez-vous l’intelligence artificielle [IA]?»

Depuis l’arrivée des agents conversationnels comme ChatGPT, l’IA générative s’est rapidement installée dans la vie de tous les jours. On l’utilise pour chercher de l’information, organiser son travail, prendre des décisions ou encore se divertir. Mais certaines personnes lui confient aussi leurs inquiétudes, leurs émotions et leurs problèmes. Pour les professionnels de la santé mentale, cette nouvelle relation humain-machine devient donc une dimension de plus à explorer.

C’est précisément l’objectif du cadre AWARE, présenté par une équipe de recherche pancanadienne que dirige le Dr Alexandre Hudon, professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie et d’addictologie de la Faculté de médecine de l’UdeM. L’outil propose une façon structurée d’aborder l’utilisation de l’IA avec les patients, sans partir du principe qu’elle est bénéfique ou néfaste.

«On voulait rapidement pouvoir intégrer le questionnement sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans nos pratiques cliniques, un peu comme on questionne nos patients sur la cigarette, la prise de drogue, etc. Dans certains cas, il y a vraiment une interaction entre l’humain et le robot, on veut donc être en mesure de déterminer si quelqu’un est à risque d’être exposé aux effets indésirables de l’IA», explique le médecin psychiatre et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.