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Expert des rythmes circadiens, Nicolas Cermakian prend la tête du Département de pharmacologie et physiologie. Son but: transmettre sa passion pour ces petites horloges qui régulent notre physiologie.
«Tout ce qui se passe dans notre corps varie selon l’heure du jour et de la nuit. Un dérèglement des rythmes circadiens peut entraîner des troubles du sommeil, mais aussi accroître le risque de cancer, de maladies métaboliques, cardiovasculaires et psychiatriques.»
À écouter le chronobiologiste Nicolas Cermakian, on comprend à quel point notre état de santé est tributaire d’un cycle de 24 heures. Et il n’y a pas que le cerveau qui mesure le temps: chaque organe, chaque cellule ‒ cœur, muscles, foie, système immunitaire ‒ possède sa propre horloge. Il suffit que l’une d’elles se dérègle pour que la santé vacille. Travailler de nuit, enchaîner les nuits blanches, s’exposer à la lumière des écrans tard le soir, manger en dehors des heures habituelles: autant de comportements à contretemps qui peuvent brouiller les gènes de nos horloges biologiques et favoriser l’apparition de maladies ou de troubles de santé mentale.
Titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en biochimie de l’UdeM, il renoue ainsi avec son alma mater à titre de directeur du Département de pharmacologie et physiologie et de chercheur à l’Institut Courtois d’innovation biomédicale (CI2B). Ce retour s’accompagne de sa nomination comme titulaire de la Chaire Merck Canada en pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal.
Décoder nos horloges internes pour mieux comprendre les ressorts du corps humain
Le 59e congrès PREMIER a rassemblé plus de 300 personnes venues célébrer la richesse des travaux présentés par des étudiantes et étudiants des trois secteurs de la Faculté.
Par Bruno Geoffroy
L’édition 2026, qui s’est tenue le 30 janvier au Campus MIL, a mis en valeur 153 affiches et 8 présentations orales, témoignant de l’engagement d’une communauté étudiante enthousiaste et résolument tournée vers la recherche.
Créé en 1961 sous le nom de COPSE et rebaptisé PREMIER en 2017, le programme initie les étudiantes et étudiants de 1er cycle à la recherche. Jusqu’ici, près de 4700 stagiaires ont développé un intérêt marqué pour la recherche grâce à cette initiative.
Comme l’explique le doyen de la Faculté de médecine, le Dr Patrick Cossette, ancien boursier PREMIER: «Ce premier stage en recherche sera peut-être l’étincelle qui allumera une passion. Et qui sait? Pour certaines et certains, ce sera le début d’une belle carrière en recherche.»
Ancien boursier PREMIER lui aussi, Andrés Finzi, professeur titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie et chercheur au Centre de recherche du CHUM, présidait cette 59e édition.
«Je tiens à remercier les directrices et directeurs de stage qui ont accueilli nos étudiantes et étudiants cette année et les ont accompagnés sur le chemin de la recherche. Sans eux, rien ne serait possible», a rappelé le chercheur.
Lors des présentations orales, les stagiaires ont su capter l’attention de l’auditoire et du jury grâce à des récits scientifiques captivants, tels que la mise au point d’un exosquelette de la main pour la réadaptation post-AVC, l’étude de la transplantabilité pulmonaire, et l’analyse des réservoirs tissulaires du VIH chez une personne ayant fait don de son corps à la science.
Un investissement pour l’avenir de la santé
Le programme PREMIER s’inscrit pleinement dans la mission de la Faculté: inspirer la relève et lui offrir des outils uniques en médecine, en sciences de la santé et en sciences fondamentales, afin de mieux répondre aux grands défis en santé. Il développe le raisonnement scientifique, l’analyse critique et la rigueur, tout en favorisant l’acquisition de compétences pratiques en recherche, des atouts clés pour l’avenir.
Le programme repose sur le soutien de la Faculté, de ses départements et écoles, de ses centres affiliés ainsi que d’organismes subventionnaires. Et il s’appuie sur un engagement philanthropique essentiel, comme l’a souligné le doyen de la Faculté.
«La générosité de nos donatrices et donateurs a permis d’augmenter le nombre et le montant des bourses. Des dizaines, voire des centaines de personnes ont contribué au Fonds PREMIER au cours des dernières années.»
En soutenant le programme PREMIER, chaque donatrice et donateur contribue directement à l’éveil scientifique de centaines d’étudiantes et étudiants et à l’émergence d’une nouvelle génération de chercheuses et chercheurs.
Léane Roseberry (sciences fondamentales)
Impact d’une diète déplétée en donneurs de méthyle dans un modèle murin d’exposition à l’alcool (directeur de stage: Serge McGraw)
(79 en sciences cliniques, 56 en sciences fondamentales, 18 en sciences de la santé)
Farah Zahoua Alem (sciences cliniques)
Névromes conjonctivaux post-neurotisation cornéenne (directrice de stage: Dre Isabelle Brunette)
Marie-Sophie Chapelle (sciences cliniques)
Névromes conjonctivaux post-neurotisation cornéenne (directrice de stage: Dre Isabelle Brunette)
Léa Belhumeur (sciences cliniques)
Rôle des longs ARN non codants dans la néovascularisation post-ischémique (directeur de stage: Dr Alain Rivard)
Florence Dufrasne-Desbiens (sciences cliniques)
Façonner le microbiote intestinal à travers une diète restreinte en méthionine pour réguler les processus inflammatoires (directrice de stage: Chantal Bémeur)
Béatrice Ferri (sciences cliniques)
De l’évitement à la tolérance : immunothérapie orale au sésame (directeur de stage: Dr Philippe Bégin)
Farzin Brian Haghighat (sciences cliniques)
Variation du bilan lipidique lors d’un infarctus du myocarde (directeur de stage: Dr Guillaume Marquis‑Gravel)
Mérédith Lacasse (sciences cliniques)
Effets de la suractivation des voies de réponse aux dommages à l’ADN sur l’établissement de la sénescence et le développement d’un sécrétome (directeur de stage: Francis Rodier)
Cloé Laurier (sciences cliniques)
Rémission de l’asthme pédiatrique modéré à sévère : une revue de portée (mission rémission, phase 1) (directrice de stage: Cristina Longo)
Andréa Oliveira‑Carneiro (sciences cliniques)
Expérience du CHUM en perfusion pulmonaire ex‑vivo (EVLP) – Évaluation des résultats de la transplantation (directeur de stage: Dr Pasquale Ferraro)
Jean‑Sébastien Pettigrew (sciences cliniques)
Changements transcriptionnels liés à l’ischémie‑reperfusion sur un modèle porcin de don après décès circulatoire avec perfusion régionale normothermique (directeur de stage: Dr Pierre‑Emmanuel Noly)
Mohamed Tagnaouti Moumnani (sciences cliniques)
Comparaison de la procédure de Ross et du remplacement valvulaire aortique bioprothétique chez les patients présentant un petit anneau aortique (directeur de stage: Dr Ismail Bouhout)
Sunny Yang (sciences cliniques)
Nouveau traitement pharmacologique permettant d’améliorer la fonction des cœurs chez les donneurs après décès cardiovasculaire pour augmenter le nombre d’organes (directeur de stage: Dr Nicolas Noiseux)
Guillaume Beaucaire (sciences fondamentales)
Rôle des lipides éthers dans la régulation du métabolisme et de la fonction d’une cellule cardiaque (directeur de stage: Matthieu Ruiz)
Lwenas Ben Slimane (sciences fondamentales)
L’o‑glcnacylation endothéliale favorise la régénération vasculaire dans la rétinopathie proliférative (directeur de stage: Dr Jean‑Sébastien Joyal)
David Gavrus (sciences fondamentales)
Échafaudage à base de coacervat polymérique pour l’impression 3d de cartilage nasal (directeur de stage: Xavier Banquy)
Sai Ittoo (sciences fondamentales)
Optimisation de méthode pour détecter les métabolites de la cystéine et la méthionine dans des matrices complexes (directrice de stage: Lekha Sleno)
Kipeumi Lee (sciences fondamentales)
Étude de protéines de liaison aux ARN associées à l’ARN toxique dans l’ataxie spinocérébelleuse de type 10 (directeur de stage: Éric Lécuyer)
Antoine Marcotte (sciences fondamentales)
Développement d’un traitement neuroprothétique pour la récupération des mouvements des membres supérieurs dans un modèle d’AVC du rat (directeur de stage: Numa Dancause)
Estelle Renaud (sciences fondamentales)
Investigation de la mégalencéphalie associée à la perte de TBC1D7 (directeur de stage: Dr Jacques Michaud)
Gracy Shrestha (sciences fondamentales)
Adhésion spécifique de microbulles à des cellules endothéliales en état inflammatoire in vitro (directeur de stage: François Yu)
Amélie Noiseux (sciences de la santé)
Entraînement des muscles inspiratoires chez les candidats à la transplantation pulmonaire (directeur de stage: Nicholas Bourgeois)
Hiba Nahal (sciences de la santé)
Étude de la pratique des professionnels de la santé en matière de counseling de l’activité physique auprès des femmes enceintes (directrice de stage: Julie Lavoie)
La relève scientifique brille au 59e congrès PREMIER
Un nouveau projet décrit de façon claire la diversité génétique de la population québécoise dans un contexte de multiculturalisme.
Une nouvelle base de données génétique québécoise multiethnique vient d’être créée grâce à la cohorte CARTaGENE, la plus importante cohorte populationnelle du Québec hébergée au CHU Sainte-Justine et soutenue par Génome Québec.
Dans ce projet mené par Guillaume Lettre, professeur titulaire au Département de médecine de l’Université de Montréal et chercheur à l’Institut de cardiologie de Montréal, et une équipe de l’Université McGill, l’ADN de près de 30 000 résidants du Québec a été analysé. Il s’agit d’une vaste collaboration avec plusieurs autres chercheurs et chercheuses de l’UdeM et d’autres universités.
L’objectif: brosser le premier portrait génétique global des Québécoises et Québécois au-delà de la seule population canadienne-française.
Cartographier l’ADN du Québec, littéralement
Pour les étudiants neurodivergents, le stage clinique peut s’avérer particulièrement exigeant. Une nouvelle formation offre au corps professoral des pistes concrètes pour mieux les soutenir.
Les milieux de formation clinique comptent de plus en plus d’étudiantes et étudiants neurodivergents. À l’Université de Montréal, les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) constituent environ deux pour cent de la population étudiante en sciences de la santé ‒ une proportion sous-estimée, alors que plusieurs choisissent de ne pas divulguer leur diagnostic par crainte de stigmatisation ou pour éviter les biais inconscients.
Sur le terrain, les traits autistiques peuvent être interprétés comme un manque d’adaptation, de flexibilité ou d’organisation, et ainsi nuire au soutien et à la rétroaction en contexte de supervision.
Et si ce trouble était plutôt une différence? Et si l’on misait sur des stratégies pour soutenir ces apprenants sans perdre de vue les atouts qu’ils représentent pour les milieux cliniques? Ce regard sur la neurodiversité, qui met l’accent sur les forces et les façons de penser multiples, est au cœur de la formation documentaire Neurodiversité et stage clinique: mieux comprendre et accompagner. À travers une reconstitution narrative en milieu hospitalier et l’éclairage de spécialistes, cette formation en neuf épisodes propose de nouveaux outils pour une supervision plus inclusive des stagiaires neuroatypiques. Et toute l’équipe y gagne!
Marc Rouleau, directeur du bureau d’aide Point de repère de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, et la Dre Tania Riendeau, directrice sortante des programmes de résidence de médecine de famille et professeure adjointe de clinique au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de l’UdeM, nous racontent la genèse de ce projet, ses objectifs et ses retombées attendues sur la réussite et le mieux-être étudiants.
Neurodiversité et stage clinique: mieux comprendre et accompagner
Une équipe de recherche du CHU Sainte-Justine a intégré des micro-capteurs souples à des tissus cardiaques imprimés en 3D pour analyser leurs propriétés de contraction en temps réel.
Une équipe du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine est parvenue à créer un tissu cardiaque tridimensionnel (3D) fonctionnel, capable de battre de façon autonome in vitro et doté de microcapteurs permettant une analyse fine et en temps réel de ses propriétés de contraction. Cette avancée marque une étape importante dans la modélisation des maladies cardiaques humaines et les tests précliniques de médicaments.
Les résultats de l’étude, menée par le chercheur Houman Savoji, professeur au Département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal, et l’étudiant de doctorat Ali Mousavi, viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nano Micro Small.
Des tissus cardiaques «vivants» créés en laboratoire
Modifier ses habitudes de vie pour mieux gérer une maladie chronique: c’est ce que propose gratuitement le programme Coach PMP, mis sur pied par quatre étudiantes en médecine de l’UdeM.
Quatre étudiantes en médecine de l’Université de Montréal ont mis sur pied un programme d’accompagnement virtuel gratuit pour les personnes atteintes d’une maladie chronique qui souhaitent modifier leurs habitudes de vie. Le programme Coach PMP (pour Projet médecine préventive), inspiré d’une initiative de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), permet à des étudiantes et étudiants en médecine formés à la communication motivationnelle de soutenir concrètement des patients dans l’adoption de saines habitudes de vie.
Une réponse à un besoin non comblé
L’idée est née d’un constat partagé par Anne-Catherine Pelletier, Anne-Sophie Gervais, Amélie Poirier et Alexandra Deschamps, toutes quatre passionnées de médecine préventive et membres du groupe d’intérêt en médecine préventive de leur faculté. «Les maladies chroniques sont un gros fardeau pour nos hôpitaux et, bien que les causes de ces maladies soient multifactorielles, les habitudes de vie jouent généralement un rôle majeur dans leur développement», explique Anne-Catherine Pelletier.
Des étudiantes en médecine lancent un programme gratuit d’accompagnement santé
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