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La première cohorte d’étudiants en médecine entamera cet automne son parcours dans les Laurentides, à Saint-Jérôme. Une nouvelle génération de médecins formée plus près des besoins de la population.
Implanté en partenariat avec Santé Québec Laurentides, le campus des Laurentides de l’Université de Montréal est le deuxième campus délocalisé de l’établissement qui offre la formation en médecine, après celui de la Mauricie. Douze étudiantes et étudiants y amorcent leur formation en médecine, tandis que douze autres effectuent leur année préparatoire au pavillon du centre-ville de Montréal, avant de poursuivre leur parcours à Saint-Jérôme l’an prochain. Dès 2027, une première cohorte en pharmacie s’ajoutera, faisant du campus des Laurentides le premier campus délocalisé au Canada à offrir ces deux programmes de formation au même endroit.
Dans le but d’accueillir ces nouvelles cohortes, l’UdeM aménage actuellement des locaux d’enseignement, des laboratoires et des aires d’étude, travaux qui s’inscrivent dans la troisième phase du Complexe médical des Laurentides, situé au 325, rue du Docteur-Charles-Léonard, à Saint-Jérôme. Les travaux devraient être terminés pour la rentrée de l’hiver 2027. D’ici là, les cours du trimestre d’automne auront lieu dans des locaux de l’Hôpital de Saint-Jérôme.
Le campus des Laurentides prend son envol
Les nouveaux docteurs honoris causa de l’UdeM, Valentín Fuster et Arnold Munnich, ont rencontré la communauté facultaire lors d’une journée consacrée à leurs travaux et à la prévention en santé.
Au lendemain de la cérémonie de collation des grades, la Faculté de médecine a poursuivi les célébrations en l’honneur de ses deux nouveaux docteurs honoris causa. Le 24 août, elle a convié sa communauté à une série d’activités qui ont permis de découvrir les travaux de Valentín Fuster et d’Arnold Munnich, deux figures majeures de la médecine et de la recherche.
À l’initiative de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique (EKSAP), la journée s’est amorcée par un parcours de cinq kilomètres sur le campus de la montagne, en compagnie du Dr Fuster, ardent défenseur de l’activité physique et de la prévention cardiovasculaire. Une centaine de personnes ont pris le départ sur la terrasse du Stade d’hiver du CEPSUM, à la marche ou à la course.






Avant le départ, des spécialistes de l’EKSAP ont animé une séance d’échauffement. Au retour, une collation recommandée par Ève Crépeau, professeure adjointe au Département de nutrition et spécialiste en nutrition sportive, attendait les participantes et participants. L’unité mobile Santé à bord était également sur place pour faire connaître au Dr Fuster des projets en nutrition et en santé cardiométabolique.
Les deux nouveaux docteurs honoris causa ont ensuite présenté leurs travaux lors de conférences qui ont permis de mesurer l’ampleur de leur apport à la médecine contemporaine.
Après sa conférence, le Dr Fuster a poursuivi sa journée par une visite du Centre ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal, suivie d’une conférence de presse.
Valentín Fuster : agir avant que la maladie apparaisse
Cardiologue de renommée internationale, Valentín Fuster est une figure majeure de la recherche et de la prévention cardiovasculaires. Ses travaux sur l’athérosclérose et la thrombose ont approfondi la compréhension des maladies cardiovasculaires et fait évoluer leur diagnostic, leur traitement et leur prévention.
Dans sa conférence An Integrated Challenge in Subclinical Primary Prevention: Heart (the Young) and Brain (the Elderly), le Dr Fuster a défendu une idée qui guide ses recherches depuis une quinzaine d’années : la médecine doit passer « de la maladie à la santé ». Malgré les progrès thérapeutiques, l’hypertension, l’obésité et le diabète continuent de gagner du terrain et coûtent de plus en plus cher à notre société. Les systèmes de santé ne pourront pas indéfiniment traiter des maladies déjà installées sans agir davantage sur leurs causes.
Les études menées par ses équipes au Centre national de recherches cardiovasculaires Carlos III, à Madrid, et au Mount Sinai, à New York, montrent que l’athérosclérose peut progresser silencieusement pendant des décennies. L’imagerie des carotides et des artères fémorales permet d’en détecter les premières traces chez des personnes qui se croient en parfaite santé. Ces atteintes vasculaires ne concernent pas uniquement le cœur : elles pourraient aussi intervenir dans le vieillissement cérébral et le déclin cognitif.
Pour le Dr Fuster, la prévention doit donc commencer bien avant les premiers symptômes, et même avant l’apparition des facteurs de risque. Puisque les habitudes de vie se forment tôt, ses programmes éducatifs s’adressent aux enfants et mobilisent aussi les familles et les écoles. Sa collaboration avec la série télévisée éducative américaine Sesame Street lui a d’ailleurs valu d’inspirer un personnage des Muppets, le Dr Valentín Ruster!




Arnold Munnich : rapprocher la génétique des enfants autistes
Pédiatre, généticien et cofondateur de l’Institut Imagine à Paris, Arnold Munnich est une référence internationale dans l’étude des maladies génétiques pédiatriques. Ses travaux ont permis d’établir les bases moléculaires de nombreuses maladies rares et d’en améliorer le diagnostic et la prise en charge.
Sa conférence intitulée On-site clinical genetics consultations in Greater Paris day care hospitals for children with autism spectrum disorders: a 25-year experience portait sur un modèle mis en place en 1998 dans la région parisienne : plutôt que d’attendre que les familles se rendent dans les services spécialisés, son équipe offre des consultations et des analyses génétiques directement dans les établissements de jour fréquentés par des enfants autistes. Cette approche de proximité, développée sur 25 ans, vise notamment à réduire les délais et les obstacles d’accès. Elle a permis d’identifier une cause génétique chez environ 30 à 35 % des enfants évalués.
Trouver une variation génétique ne constitue toutefois qu’un point de départ. L’équipe cherche aussi à comprendre comment cette variation se manifeste chez chaque enfant. Pour y parvenir, elle combine le séquençage génétique, les évaluations neuropsychologiques et l’imagerie cérébrale afin de mettre en relation les gènes, le fonctionnement du cerveau et les particularités de chaque profil.
Les travaux sur le gène ARID1B illustrent bien cette démarche. Chez des enfants porteurs de variations de ce gène, les scientifiques ont observé un contraste marqué entre certaines difficultés cognitives et une excellente mémoire visuelle, ainsi que des différences dans certaines régions du cerveau. En établissant un lien entre les gènes, le fonctionnement du cerveau et les traits spécifiques de chaque enfant, cette approche offre un aperçu des mécanismes biologiques qui contribuent aux manifestations de l’autisme.




Les docteurs honorifiques Valentín Fuster et Arnold Munnich à l’honneur à l’UdeM
En 2026-2027, l’UdeM poursuit la modernisation de ses campus afin d’assurer la pérennité de ses infrastructures et de répondre aux besoins croissants de la recherche et de l’enseignement.
Il n’y a pas que dans les rues montréalaises que les chantiers se multiplient. Avec près d’une quarantaine de chantiers en cours ou à venir en 2026-2027, l’Université de Montréal alloue cette année encore d’importants budgets à la modernisation de ses campus, dont ceux de la montagne et celui, tout nouveau, des Laurentides.
La construction de bâtiments tout autant que la rénovation, la mise aux normes et le réaménagement des pavillons existants sont nécessaires afin d’améliorer la qualité de nos infrastructures construites pour la majorité entre 1930 et 1980. Et ces travaux doivent être planifiés en continu afin de répondre aux immenses besoins de la recherche et de l’enseignement de pointe.
Campus de la montagne
Au pavillon Roger-Gaudry, la réhabilitation et les réaménagements se poursuivent en vue d’adapter à de nouvelles fonctions les lieux libérés et certains seront bientôt prêts à accueillir leurs occupants. Il s’agit du premier d’une longue série de déménagements qui attendent plusieurs unités.
Dès janvier 2027, l’École d’orthophonie et d’audiologie quittera l’avenue du Parc et commencera ses activités d’enseignement et de clinique dans le secteur ouest du pavillon. Les travaux réalisés dans les ailes S, T, U, V, X et Y du bâtiment représentent une superficie brute de 5832 m2.
Toujours dans le secteur ouest, un projet d’agrandissement du centre de simulation de la Faculté de médecine doit débuter à la fin de l’automne et se poursuivre jusqu’à l’été 2027. Avec des locaux dotés équipements d’enseignement et d’apprentissage de pointe permettant de reproduire les conditions réelles de services hospitaliers, ce projet vise une augmentation substantielle des salles afin de répondre à la hausse des cohortes étudiantes.
Quant au secteur est du pavillon, les réaménagements des niveaux 3 à 9 se poursuivront jusqu’en 2027; l’École de réadaptation prendra alors possession des étages 5 et 6 durant l’été et plusieurs unités administratives s’installeront par la suite aux niveaux supérieurs, dont le Secrétariat général, le Centre de pédagogie universitaire, le Bureau des affaires juridiques et le Bureau de la conduite responsable en recherche. Ces unités prendront place dans des lieux entièrement rénovés au terme de travaux qui auront duré plus de cinq ans. La dernière étape de ce projet prévoit le retour du Département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine au 4e étage. La reconstruction de ce secteur représente une superficie équivalant à 23 147 m2 bruts.
La réaffectation des espaces est l’un des plus importants projets d’infrastructure engagés par l’Université ces dernières années, et le regroupement d’unités et de ressources dans ce pavillon iconique permettra d’y créer un pôle santé et un pôle administratif
Ailleurs sur le campus de la montagne, soulignons les importants travaux de sécurisation, de réfection et de resurfaçage des voies de circulation tels les chemins de la Rampe et de la Tour, au bénéfice des piétons, des cyclistes et des automobilistes. Ces travaux seront terminés juste à temps pour les Championnats du monde de cyclisme sur route, qui se tiendront en septembre! Cet évènement, le plus important rendez-vous sportif à Montréal depuis les Jeux olympiques de 1976, aura d’importantes répercussions sur la circulation et le stationnement sur le campus: consultez notre site Web pour en savoir plus.
Autre restriction modale d’importance: le tunnel piétonnier intérieur du garage Louis-Colin sera fermé du 28 septembre au 15 mars 2027 afin d’y effectuer des rénovations majeures. Durant ces travaux, les usagers devront utiliser les chemins extérieurs pour se diriger, de la place Publique et du stationnement Louis-Colin, vers les pavillons André-Aisenstadt, Marcelle-Coutu, Jean-Coutu, Claire-McNicoll ou encore Roger-Gaudry.
Enfin, la rénovation des bains à remous et des bains froids au CEPSUM, qui débutera à la fin de l’automne, fait partie d’une première phase d’importants travaux prévus dans les quatre prochaines années; avec la réfection des escaliers extérieurs du pavillon J.-A.-DeSève, ces projets permettront d’améliorer la qualité des lieux de vie et de loisir sur le campus principal.
Campus des Laurentides
Un peu plus tôt cette année, l’UdeM dévoilait l’emplacement du futur campus des Laurentides à Saint-Jérôme, à proximité du Complexe médical des Laurentides. L’aménagement de ce nouveau campus des facultés de médecine et de pharmacie, qui a débuté en mars, accueillera une première cohorte en médecine dès novembre 2027 et une seconde en pharmacie à l’automne 2027. Les travaux en cours comprennent des améliorations locatives, les finitions intérieures, le câblage, l’installation du matériel audiovisuel et du mobilier en vue d’offrir des salles de cours et d’apprentissage par problèmes, une unité administrative ainsi que des aires communes.
Prochains chantiers à l’UdeM: la modernisation des campus se poursuit
Des chercheuses de la Faculté et du CRCHUM montrent que l’hépatite C pourrait favoriser la formation de réservoirs où le VIH persiste malgré les traitements prescrits.
Naglaa Shoukry et Petronela Ancuta, professeures à la Faculté de médecine de l’UdeM et chercheuses de l’axe Immunopathologie au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), un établissement de Santé Québec, apportent un nouvel éclairage sur l’un des plus grands défis de la recherche sur le VIH: comprendre pourquoi le virus demeure présent dans l’organisme malgré les traitements administrés.
Leurs travaux, dont les résultats ont été publiés dans The Lancet eBioMedicine, révèlent que l’hépatite C pourrait contribuer à la formation de réservoirs où le VIH parvient à se cacher pendant de longues périodes, ce qui rend impossible son élimination complète.
Un refuge durable pour le VIH
Les travaux réalisés par Naglaa Shoukry, professeure titulaire au Département de médecine, et Petronela Ancuta, professeure titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie, ainsi que leurs équipes démontrent que, chez les personnes infectées par l’hépatite C, certaines cellules immunitaires deviennent plus vulnérables à l’infection par le VIH. Ainsi, ces cellules produisent davantage la protéine CCR5, utilisée par le VIH comme porte d’entrée pour infecter l’organisme. Plus la quantité de virus de l’hépatite C dans le sang est élevée, plus ces cellules semblent facilement accessibles au VIH.
Comprendre le lien entre hépatite C et persistance du VIH
La Fondation canadienne du rein soutient les travaux de cinq membres de la Faculté de médecine qui font avancer la recherche sur les maladies rénales, leur traitement et les soins aux patients.
Cinq professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal comptent parmi les bénéficiaires de subventions de recherche de la Fondation canadienne du rein (FCR). Au total, ces projets seront financés à hauteur de plus de 700 000 $.
La FCR investit chaque année plus de quatre millions de dollars dans la recherche en santé rénale au Canada. Par ses programmes de subventions et de bourses, elle contribue à l’avancement des connaissances scientifiques ainsi qu’au développement et au maintien d’une expertise de recherche dans ce domaine.
Les projets soutenus à la faculté couvrent un large éventail de sujets, de la maladie rénale chronique et de l’insuffisance rénale aigüe à la dialyse et à la greffe en passant par les mécanismes biologiques de la maladie et l’amélioration des soins aux patients.
Cinq professeurs de la Faculté reçoivent des bourses de recherche 2026 de la FCR
Lauréate d’un Prix d’excellence en enseignement 2026 et d’un prix pour un partenariat extramuros pour la formation en recherche, Ingrid Verduyckt a créé un modèle qui aide à transformer des projets de recherche en initiatives pour les milieux.
Comment former des chercheuses et chercheurs capables de produire des connaissances, mais aussi de les faire vivre hors des murs de l’université? C’est le défi auquel répond Ingrid Verduyckt, professeure agrégée à l’École d’orthophonie et d’audiologie de la Faculté de médecine de l’UdeM et lauréate du Prix d’excellence des ESP pour la reconnaissance de partenariats extramuros pour la formation en recherche.
Son approche repose sur un écosystème partenarial conçu pour maintenir des collaborations durables entre le milieu universitaire et les organisations externes. Elle vise à maintenir les liens lorsque le financement prend fin.
Le modèle comprend trois rouages. Le premier est le laboratoire universitaire, où sont produites les connaissances. Le second représente les partenaires: cliniques, organismes communautaires, organisations culturelles, entreprises et associations. Le troisième est constitué de trois structures hybrides assurant un lien stable entre la recherche et la société: la Communauté de pratique en orthophonie de la voix, Vocavie et Parlons Voix.
Ingrid Verduyckt forme la relève au croisement de la recherche et du terrain
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