L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a acquis une expertise de pointe pour soigner les cancers du sang. Et bientôt, la thérapie cellulaire permettra de traiter toute une panoplie de maladies auto-immunes.
«Faire une allogreffe, c’est comme planter une graine qui donnerait un arbre entier, avec son tronc, ses branches, ses feuilles, ses fleurs et ses fruits.» C’est avec une image arboricole que l’hématologue Imran Ahmad entreprend de nous expliquer les rudiments de l’allogreffe de cellules souches.
L’intervention n’a pourtant rien de champêtre: elle s’effectue dans les salles hautement spécialisées de l’Institut universitaire d’hématologie-oncologie et de thérapie cellulaire, attenant à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), où il nous reçoit.
«On prélève des cellules souches chez un donneur sain par aphérèse – une technique qui centrifuge le sang afin d’en extraire les cellules souches –, puis on les administre au receveur par un cathéter, comme dans le cas d’une transfusion. Elles migrent ensuite vers la moelle osseuse et reconstruisent progressivement un nouveau système sanguin et immunitaire», résume le professeur agrégé de clinique du Département de médecine de l’Université de Montréal et directeur médical du programme et de l’unité de recherche clinique de greffe et thérapie cellulaire à l’HMR.
La procédure, simple en apparence, permet de traiter des maladies infiniment complexes: cancers du sang et du système lymphatique (leucémies, lymphomes), syndromes myélodysplasiques, néoplasies myéloprolifératives et certaines maladies génétiques ou immunitaires, comme l’anémie falciforme. «Même si elles sont immatures, les cellules souches ont la capacité de se régénérer et de produire toutes les cellules du sang ‒ globules rouges, plaquettes, globules blancs. En somme, on efface un système immunitaire malade pour en rebâtir un nouveau», précise le Dr Ahmad.



