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Un modèle informatique donne un nouvel aperçu des mécanismes de récupération d’un cerveau qui a subi une lésion.

Comment une personne peut-elle retrouver un état de conscience après une grave atteinte cérébrale? Pourquoi certains traitements produisent-ils des effets remarquables chez certaines personnes, mais pas chez d’autres?

Une nouvelle étude dirigée par Guillaume Dumas, chercheur au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine – un établissement de Santé Québec – et professeur agrégé au Département de psychiatrie et d’addictologie de la Faculté de médecine de l’UdeM, apporte un éclairage inédit sur ces questions grâce à un modèle informatique capable de simuler le fonctionnement de réseaux cérébraux lésés.

Développé en collaboration avec le psychiatre italien Francesco Achilli de l’Université de Ferrare, dont le stage de perfectionnement en neuro-informatique au laboratoire de Guillaume Dumas a inspiré cette étude, ainsi qu’avec le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux de l’Institut Pasteur à Paris, ce modèle reproduit différentes atteintes cérébrales associées aux troubles de la conscience. Il permet d’observer comment les circuits neuronaux réagissent à diverses perturbations de leur activité et d’examiner des mécanismes cérébraux dont l’observation directe chez l’humain demeure autrement impossible.

 

Le mystère des troubles de la conscience

À la veille de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, un rapport auquel a contribué Malek Batal recommande de placer le leadership autochtone au cœur des systèmes alimentaires.

Comment mieux soutenir les systèmes alimentaires autochtones tout en respectant les connaissances et l’autonomie des communautés? C’est l’une des questions au cœur d’un nouveau rapport du Conseil des académies canadiennes auquel a contribué Malek Batal à titre de membre du comité qui a élaboré le document. Professeur au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’UdeM, il est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les inégalités en nutrition et santé.

Intitulé Systèmes de connaissances autochtones et souveraineté alimentaire, le rapport est le fruit du travail d’un comité de huit spécialistes autochtones et non autochtones choisis pour leur expertise, leur expérience et leur leadership.

Le comité avait pour mandat d’examiner comment les politiques et les mécanismes de gouvernance peuvent soutenir les connaissances autochtones dans le respect des priorités des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Son constat: reconnaître les connaissances autochtones ne suffit pas. Il faut lever les obstacles qui empêchent les peuples autochtones de prendre pleinement part aux décisions qui les concernent.

 

Passer de la reconnaissance des savoirs autochtones au partage du pouvoir décisionnel

La toute première Journée de la recherche André-Robidoux et Rachelle-Marquis sur le cancer du sein a réuni, le 18 septembre 2026 à l’IRCM, des chercheuses et chercheurs engagés dans l’avancement de la recherche et des soins. 

Par Bruno Geoffroy

Créée grâce à un don philanthropique de 500 000 $ de Rachelle Marquis, épouse du regretté Dr André Robidoux, la Journée de la recherche André-Robidoux et Rachelle-Marquis sur le cancer du sein rend hommage à l’un des grands bâtisseurs nord-américains de la recherche sur le cancer du sein. Elle vise à renforcer les liens entre la recherche et la clinique et à devenir un rendez-vous annuel pour la communauté. 

Combiné à une autre contribution philanthropique, ce don permettra de lancer le programme Cancer du sein : De la découverte à la guérison, qui financera de trois à cinq projets de recherche, jusqu’à concurrence de 75 000 $ chacun. L’objectif ? Stimuler les collaborations et favoriser l’émergence de nouvelles approches en recherche sur le cancer du sein. 

«Je tiens à remercier chaleureusement Rachelle Marquis, dont la générosité a rendu possible la création de cette Journée et permettra de la faire vivre au cours des prochaines années. Son engagement contribue également à soutenir la relève en recherche», a dit le Dr Patrick Cossette, doyen de la Faculté de médecine. 

En 2026, 32 400 femmes au Canada recevront un diagnostic de cancer du sein. Environ 5 400 d’entre elles en mourront, selon la Société canadienne du cancer. 

Ces chiffres rappellent l’urgence d’agir. La prévention, le dépistage précoce et le traitement adapté à chaque tumeur restent des défis majeurs. 

C’est autour de ces enjeux que la Faculté de médecine de l’Université de Montréal a réuni des chercheuses, chercheurs, cliniciennes et cliniciens œuvrant dans le domaine du cancer du sein, lors d’une journée marquée par une forte mobilisation de la communauté et visant à approfondir la compréhension de la maladie et à accélérer le transfert des découvertes vers la pratique clinique. 

 

Un héritage qui fait avancer la recherche 

La journée s’est ouverte par un hommage au Dr André Robidoux, chirurgien-oncologue de renommée internationale, fondateur et directeur du Groupe de recherche en cancer du sein au CHUM (aujourd’hui Santé Québec ‒ CHUM).  

Pionnier de la lutte contre le cancer du sein, le Dr Robidoux a contribué à structurer la recherche québécoise dans ce domaine. Il a notamment été à l’initiative du Groupe McPeak-Sirois de recherche clinique en cancer du sein et a fondé deux chaires de recherche à l’Université de Montréal consacrées à cette maladie. Son parcours témoigne d’une conviction profonde : les plus grandes avancées naissent du dialogue entre la recherche et la clinique. 

Cette vision a trouvé un écho tout au long de la journée. La forte participation de cliniciennes-chercheuses, de cliniciens-chercheurs et de scientifiques issus de multiples disciplines a constitué l’un des faits saillants de cette première édition. 

De la biologie moléculaire à l’imagerie, en passant par la chirurgie, l’immunologie et l’oncologie de précision, les présentations ont illustré toute la richesse de la recherche sur le cancer du sein menée par la communauté. Malgré la diversité des approches, une même ambition animait les participantes et participants : mieux comprendre la maladie pour offrir des traitements plus efficaces et plus personnalisés. 

La première session, intitulée Métastases et réponses thérapeutiques, s’est intéressée aux mécanismes qui permettent aux cellules cancéreuses de migrer et de résister aux traitements. Gerardo Ferbeyre, chercheur au Centre de recherche du CHUM, un établissement de Santé Québec, et titulaire de la Chaire CIBC en recherche sur les causes du cancer du sein de l’Université de Montréal, y a notamment présenté ses travaux sur le métabolisme du lactate. Ce «carburant», utilisé par certaines cellules cancéreuses agressives, favorise leur propagation. 

La deuxième session, Thérapies émergentes et résistance, a exploré de nouvelles avenues pour mieux cibler les tumeurs et limiter les traitements inutiles. La Dre Saima Hassan, chirurgienne, chercheuse clinicienne et titulaire de la Chaire Banque Scotia en diagnostic et traitement du cancer du sein de l’Université de Montréal au CHUM (aujourd’hui Santé Québec ‒ CHUM), a présenté des outils de médecine de précision combinant analyses sanguines, spectroscopie Raman et intelligence artificielle afin de mieux prédire la réponse aux traitements et de personnaliser les soins. 

 

Un demi-siècle d’avancées en cancer du sein 

Invité à prononcer la conférence d’honneur, le Dr Norman Wolmark, président de la National Surgical Adjuvant Breast Project (NSABP) Foundation et figure emblématique de la recherche clinique sur le cancer du sein, a retracé plus de 50 ans d’innovations qui ont transformé les soins. 

«Le passé éclaire les défis d’aujourd’hui. Il nous oblige aussi à reconnaître les occasions ratées et les erreurs stratégiques que nous avons commises», a-t-il déclaré. 

Le chercheur a rappelé que plusieurs avancées aujourd’hui considérées comme incontournables ont d’abord été accueillies avec scepticisme. Parmi elles figure l’abandon progressif de la mastectomie radicale. Des essais cliniques menés par le NSABP ont démontré que des interventions moins invasives pouvaient offrir une survie comparable, contribuant à redéfinir les normes de traitement à l’échelle mondiale. 

Le Dr Wolmark a aussi souligné l’apport du Dr André Robidoux à l’avancement de la chimiothérapie néoadjuvante. Les travaux auxquels ce dernier a participé ont permis de mieux comprendre la réponse pathologique et d’ouvrir la voie à des approches aujourd’hui utilisées chez les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2 positif. 

Tourné vers l’avenir, le conférencier a mis en lumière le potentiel de la médecine de précision, notamment grâce aux tests génomiques et à l’ADN tumoral circulant, qui pourraient permettre de détecter plus tôt les récidives et de mieux guider les traitements. 

Un prix pour célébrer les bâtisseurs 

La fin de cette première Journée de la recherche a été marquée par la remise du premier Prix André-Robidoux et Rachelle-Marquis pour la recherche sur le cancer du sein, une nouvelle distinction destinée à souligner la contribution exceptionnelle d’une personnalité scientifique de renommée internationale ayant fait progresser la recherche dans ce domaine. 

Pour cette première édition, l’honneur est revenu au Dr Norman Wolmark. Ce prix souligne plus de 45 ans d’engagement consacrés à l’évolution des pratiques médicales grâce aux essais cliniques. 

Ami de longue date du Dr André Robidoux, avec qui il a collaboré pendant plusieurs décennies au sein de la NSABP Foundation, le chercheur a profité de l’occasion pour lancer un appel à la relève. 

«Vous avez une décision à prendre. Allez-vous être un acteur du changement ou un simple spectateur?» 

Avant de quitter la scène, il a invité la prochaine génération de chercheuses et chercheurs à poursuivre l’œuvre des pionniers qui ont transformé la prise en charge du cancer du sein et à « faire mieux que nous ». 

La relève à l’honneur 

À travers une trentaine d’affiches, des étudiantes et étudiants ont présenté leurs travaux et les questions qui mobilisent la relève. Pourquoi certaines tumeurs deviennent-elles résistantes aux traitements? Comment les détecter plus tôt ou les cibler plus efficacement? 

Trois bourses André-Robidoux et Rachelle-Marquis de 15 000 $ ont été remises pour soutenir des projets prometteurs menés par la relève. Voici les trois lauréates de cette première édition, toutes étudiantes au doctorat en biologie moléculaire : 

  • Arta Berenjikazerooni (IRIC) pour son projet Dissecting the individual roles of mesenchymal transcription factors in breast cancer progression ; 
  • Andréane Lalonde (IRCM) pour son projet Defining the role of endothelial-specific AXL and its associated signalling pathways in the tumor microenvironment; 
  • Anaïs Vivet (IRIC) pour son projet Rôle de l’ubiquitine ligase RNF111 dans la dégradation d’Erα par les antiestrogènes de type SERD.
     

Une journée scientifique pour accélérer la lutte contre le cancer du sein

En étudiant les interactions entre les protéines, les laboratoires d’Adrian Serohijos et de Stephen Michnick veulent comprendre comment l’information génétique façonne les caractéristiques du vivant.

L’une des questions fondamentales en biologie est de comprendre comment nos gènes façonnent ce que nous sommes. Adrian Serohijos et Stephen Michnick, respectivement professeur agrégé et professeur titulaire au Département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine de l’UdeM, s’intéressent ainsi à la relation entre le génotype et le phénotype, soit la façon dont l’ADN devient ARN, puis protéine et finalement s’exprime dans des caractéristiques observables chez un individu ou n’importe quel organisme vivant. «Nous tentons de percer les mécanismes du génome, en particulier la manière dont l’information qu’il code est traitée à l’intérieur de la cellule», résume Adrian Serohijos.

La question peut être abordée à travers deux voies: l’une consiste à voir comment l’organisme change lorsqu’il est perturbé par l’environnement. La seconde, prise par les chercheurs de l’Institut Courtois d’innovation biomédicale, est de se pencher sur les mutations dans le génome d’un individu, qui jouent un rôle important dans la définition de nos caractéristiques individuelles. «C’est une question importante parce que notre ADN détermine non seulement nos caractéristiques physiques, comme la couleur de nos yeux, mais aussi la façon dont nous répondons à des médicaments, ce qui est essentiel dans le contexte de la médecine personnalisée», explique Stephen Michnick. Or, on ne peut faire de prédiction en se basant uniquement sur l’ADN d’un individu.

 

Cartographier le «réseau social» des protéines dans la cellule

Cofondée par deux chercheurs de l’IRIC, RejuvenRx obtient un million de dollars pour continuer le développement de médicaments régénératifs administrés par voie orale.

RejuvenRx, une société de biotechnologie cofondée par Anne Marinier, professeure sous octroi titulaire au Département de pharmacologie et physiologie, et Guy Sauvageau, professeur titulaire au Département de médecine de l’UdeM, et tous deux chercheurs principaux à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, reçoit une subvention d’un million de dollars du Réseau de cellules souches du Canada.

L’entreprise devient la première à obtenir un financement du Programme de subventions d’incubation du Réseau. Le programme vise à soutenir de jeunes entreprises canadiennes en médecine régénérative afin qu’elles franchissent les premières étapes du développement clinique, de la fabrication et de la recherche de nouveaux investissements.

RejuvenRx travaille à mettre au point une nouvelle génération de médicaments administrés par voie orale qui ciblent les cellules souches dont le fonctionnement est altéré par le vieillissement ou certaines maladies. Ses principaux travaux reposent sur une nouvelle classe de molécules, les KMGD, qui agissent sur le complexe CoREST, un régulateur actif dans le renouvellement et la différenciation des cellules souches hématopoïétiques.

 

RejuvenRx reçoit un million pour faire progresser de nouveaux médicaments régénératifs

En s’intéressant aux effets du tabagisme maternel sur la taille du cortex visuel, le neuroscientifique Tomas Paus fait la lumière sur un mécanisme jusqu’alors jamais étudié chez les humains.

Nous avons tendance à imaginer le cerveau d’un fœtus comme une sorte de chantier guidé presque exclusivement par les plans inscrits dans les gènes. Mais avant même la naissance, il s’y passe déjà beaucoup de choses. Le fœtus bouge, perçoit des sons étouffés, reçoit des stimulations et, surtout, son système nerveux engendre sa propre activité.
Une nouvelle étude menée par Tomas Paus, professeur titulaire au Département de psychiatrie et d’addictologie ainsi qu’au Département de neurosciences de la Faculté de médecine de l’UdeM, et chercheur à Santé Québec – CHU Sainte-Justine –, apporte un éclairage inédit sur cette activité prénatale. Elle montre notamment que des signaux produits spontanément par la rétine pourraient contribuer à façonner le cortex visuel primaire, cette région du cerveau qui permet de traiter les informations provenant des yeux.
Et le tabagisme pendant la grossesse est le facteur qui a dévoilé ce processus.

Un cerveau en formation bien avant la naissance