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Cet automne, la Faculté de médecine lancera une formation pré-départ asynchrone destinée à sa communauté étudiante en mobilité internationale. La Dre Sima Saleh, qui a contribué à cet outil, revient sur son parcours façonné par l’engagement humain et l’expérience du terrain. 

De la jungle amazonienne aux rives du fleuve Ogooué, en passant par les abords du lac Léman en Suisse, le monde n’a jamais eu de frontières pour la Dre Sima Saleh. Née en France de parents iraniens, elle arrive au Québec à l’âge de 5 ans et grandit à la croisée des cultures persane, européenne et québécoise. Dans cet univers multiculturel, l’ouverture sur le monde s’impose rapidement comme une évidence. 

Professeure adjointe de clinique au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l’UdeM et pédiatre au CHU Sainte-Justine, elle se décrit avec humour comme un «produit de l’Université de Montréal», où elle a complété ses études en médecine et sa résidence. À la fin de sa formation, deux ambitions orienteront son parcours : contribuer en santé internationale tout en menant une carrière universitaire. Une maîtrise en santé mondiale à l’Université de Genève, obtenue en 2019, viendra consolider cette double vocation. 

Aujourd’hui, au CHU Sainte-Justine, elle exerce comme pédiatre et consacre une partie de sa pratique ambulatoire aux enfants immigrants et réfugiés. Un engagement qui s’inscrit dans le prolongement de son parcours et de son intérêt pour les différentes cultures. 

 
QUESTIONS – RÉPONSES

 Vous avez choisi la médecine avec le désir d’aider et un souci de justice sociale. Qu’est-ce qui vous a poussée vers les stages internationaux? 

Durant ma jeunesse, mon père, ingénieur et professeur à l’Université de Sherbrooke, se rendait souvent au Rwanda comme professeur invité à l’Université de Kigali. J’ai découvert ce pays aux mille collines à travers ses récits, mais aussi les conséquences profondes du génocide sur les personnes qui l’avaient vécu. 

Très jeune, j’ai ainsi été sensibilisée aux réalités vécues ailleurs dans le monde. Cela a nourri ma curiosité et mon désir de m’engager au-delà de nos frontières. Mon père a été une source d’inspiration pour moi. 

Comment votre parcours à l’international a-t-il pris forme? 

À la fin de ma résidence, je suis partie au Pérou pour compléter un diplôme en médecine tropicale. J’y ai été exposée à des maladies comme la fièvre jaune et la lèpre, et j’ai eu le privilège d’apprendre au chevet des patients, dans les Andes comme dans la jungle amazonienne, aux côtés de médecins venus des quatre coins du monde. 

Par la suite, mon mentor, le professeur Nago Humbert, fondateur de Médecins du Monde Suisse et professeur agrégé à la Faculté, m’a confié le démarrage d’un projet de coopération internationale au Nicaragua. J’ai contribué là-bas au renforcement des soins néonataux et à la mise en place du premier programme national de soins palliatifs pédiatriques, en collaboration avec le ministère de la Santé. 

Après cinq ou six ans, les équipes locales étaient devenues autonomes et nous avons pu nous retirer. Aujourd’hui encore, les enfants du Nicaragua ont accès à des soins et à des traitements contre la douleur qui n’existaient pas auparavant, et un programme universitaire de formation en soins palliatifs a vu le jour. Pour moi, c’est un exemple concret d’un projet de coopération dont les bénéfices sont toujours visibles. 

Comment ces expériences à l’étranger ont-elles influencé votre pratique ici, au Québec? 

J’ai été transformée par les histoires des personnes que j’ai rencontrées. Ces expériences m’ont exposée à des réalités auxquelles je n’aurais sans doute pas été confrontée en restant ici, notamment à l’importance des soins palliatifs, du soulagement de la douleur et de l’accompagnement de la souffrance, particulièrement dans des contextes où les ressources sont limitées. 

Elles m’ont aussi rappelé que la médecine ne se résume pas aux symptômes physiques. Il faut tenir compte de la détresse psychologique, du vécu et du contexte de vie de chaque personne. 

Aujourd’hui, cela m’aide énormément dans ma pratique auprès des familles migrantes ou issues de la diversité culturelle. Ces expériences ont affiné ma sensibilité humaine et ma capacité d’écoute. Je m’intéresse bien sûr à l’histoire de la maladie, mais aussi à l’histoire de la personne : son parcours, son vécu et les réalités qui ont façonné sa vie. 

Vous êtes engagée au sein de la clinique pédiatrique transculturelle de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui accompagne des personnes récemment immigrées, souvent marquées par des parcours difficiles. Quelle est sa mission et son approche? 

La clinique pédiatrique transculturelle de l’HMR a été fondée en 1999 par le pédiatre Sélim Rashed et le médecin ethnothérapeute Frantz Raphaël. Nous travaillons en équipe interdisciplinaire avec deux pédiatres, une psychologue, une travailleuse sociale et plusieurs stagiaires. Notre rôle est de soutenir les équipes du réseau qui accompagnent des familles immigrantes dont les enfants présentent des difficultés psychosociales ou des problèmes de santé mentale. Les références proviennent autant des écoles que du réseau de la santé. 

Ces familles ont souvent vécu des parcours migratoires complexes, parfois marqués par des traumatismes. Leur culture et leurs croyances peuvent aussi influencer leur compréhension de la maladie et des soins, ce qui crée parfois un décalage avec les repères des équipes soignantes. 

Notre approche s’inspire donc de l’ethnopsychiatrie, développée en Europe. Au-delà des symptômes, nous nous intéressons aussi au contexte culturel, familial et social de la personne. Les rencontres se déroulent en groupe avec la famille et les intervenants réunis autour d’une table, dans un esprit de dialogue et de collaboration. 

L’interprète médiateur culturel y joue un rôle essentiel. Issu du même milieu culturel que la famille, il ne se limite pas à traduire la langue : il nous aide aussi à mieux comprendre les références, les valeurs et les réalités culturelles qui façonnent son expérience. 

Comment vos expériences, notamment dans les pays du Sud, ont-elles influencé votre approche auprès de ces familles? 

Ces expériences m’ont appris l’importance de l’humilité culturelle. Comme soignants occidentaux, nous arrivons avec nos propres repères et notre façon de comprendre le monde. Dans certains contextes, les différences culturelles ou les expériences vécues peuvent accentuer l’asymétrie déjà présente dans la relation entre le patient et le médecin. 

Il est donc essentiel de reconnaître ses propres repères, de prendre un certain recul et d’adopter une posture d’écoute véritable. C’est ce qu’on appelle la décentration : la capacité de sortir de son propre cadre de référence pour mieux comprendre celui de l’autre. L’objectif est de créer un espace sécurisant où les familles se sentent respectées, en confiance et libres d’exprimer ce qui fait sens pour elles. C’est à partir de ce dialogue que l’on peut bâtir une véritable alliance thérapeutique. 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiantes et étudiants qui hésitent à faire un stage international? 

Vous allez probablement être déstabilisés au départ, mais vous allez en ressortir grandis. Ce sont des expériences qui apportent une immense richesse humaine et des compétences qui vont vous suivre toute votre carrière. Ces stages peuvent même influencer votre vision de la médecine et du soin, et définir le type de médecin que vous pourriez devenir. Profitez-en pendant vos études, parce que ce genre d’occasion ne se présente pas toujours plus tard! 

 

La Faculté de médecine encourage les étudiantes et étudiants à effectuer un stage à l’international, qu’il s’agisse d’un séjour de recherche, d’un stage clinique ou d’une expérience en santé publique. 

Du Gabon au Nicaragua : le parcours sans frontières de la Dre Sima Saleh

Serge Rossignol reçoit le prix Jacques-St-Pierre 2026 de l’APRUM pour une carrière marquée par des avancées majeures en réadaptation neurologique.

L’Association des professeures et professeurs retraités de l’Université de Montréal (APRUM) a décerné son prix Jacques-St-Pierre 2026 à Serge Rossignol, professeur émérite du Département de neurosciences de la Faculté de médecine. Cette distinction souligne une carrière exceptionnelle, une contribution remarquable à la recherche effectuée à l’Université de Montréal et un engagement soutenu envers l’Association.

Figure marquante des neurosciences au Canada, Serge Rossignol a consacré plus de quatre décennies à l’étude des mécanismes de la locomotion contrôlés par la moelle épinière. Ses travaux ont notamment permis de mieux comprendre comment des personnes ayant subi une lésion traumatique de la moelle épinière peuvent récupérer certaines fonctions motrices, ouvrant la voie à des avancées importantes en réadaptation neurologique.

Diplômé en médecine de l’UdeM en 1967, il s’est orienté vers la recherche fondamentale avant de poursuivre une formation postdoctorale à Göteborg, en Suède. De retour à l’Université de Montréal en 1975, il y a mené une carrière de 42 ans consacrée à la recherche et à la formation de la relève scientifique.

 

Serge Rossignol reçoit le prix Jacques-St-Pierre 2026 de l’APRUM

Le doctorant de l’UdeM Mehdi Benlarbi reçoit le prestigieux prix Uta von Schwedler pour ses travaux sur le VIH, qui ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

Candidat au doctorat dans le laboratoire d’Andrés Finzi, professeur titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie, Mehdi Benlarbi est le lauréat 2026 du prestigieux prix Uta von Schwedler. Créé en 2012 à la mémoire de cette virologue décédée en 2011, le prix est décerné chaque année à un étudiant ou une étudiante dont les travaux doctoraux en rétrovirologie se démarquent de ceux de ses pairs.

«Normalement, ce sont des études très fondamentales qui sont récompensées, le recevoir pour l’ensemble de mes travaux était donc une très belle surprise, commente Mehdi Benlarbi. J’aimerais d’ailleurs souligner le soutien de mon directeur de recherche, Andrés Finzi, qui m’a transmis cette fougue scientifique et sans qui je n’aurais jamais obtenu ce prix.»

Originaire de Gatineau, Mehdi Benlarbi a fait un baccalauréat en biochimie à l’Université d’Ottawa, puis une maîtrise en microbiologie et immunologie avec un passage accéléré au doctorat à l’Université de Montréal. Il entre dans le laboratoire d’Andrés Finzi en 2020 comme stagiaire afin de travailler sur le SRAS-CoV-2.

 

Mehdi Benlarbi remporte le prix Uta von Schwedler

Alcool, cannabis, autres drogues: les conducteurs ruraux gravement blessés sur la route ont davantage consommé de substances que les accidentés de la ville, selon une étude pancanadienne.

Chez les conducteurs impliqués dans des accidents graves en milieu rural, on note des taux plus élevés d’alcool au volant, de cannabis détectable et la consommation simultanée de plusieurs substances que chez les conducteurs urbains, selon une étude pancanadienne dont les résultats ont été publiés dans la revue Traffic Injury Prevention.

L’étude, dirigée par Floyd Besserer, de l’Université de la Colombie-Britannique, et une équipe dont faisait partie le Dr Raoul Daoust, professeur titulaire au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de la Faculté de médecine de l’UdeM, porte sur les données toxicologiques de 13 792 conducteurs légèrement ou gravement blessés soignés dans 17 services des urgences au pays de 2018 à 2024.

Parmi eux, 2078 (15,1 %) étaient des ruraux.

Les analyses toxicologiques ont été réalisées dans un laboratoire central, ce qui garantit l’uniformité des résultats d’un hôpital à l’autre.

 

Conduite avec facultés affaiblies: les conducteurs ruraux plus à risque

Une équipe de l’UdeM révèle que cet antidiabétique cible une sous-unité de l’enzyme responsable de la production de la molécule porteuse d’énergie présente dans les cellules de tous les êtres vivants.

Des scientifiques de l’Université de Montréal ont découvert comment fonctionne réellement la metformine, un médicament couramment utilisé pour traiter le diabète de type 2 et susceptible de réduire le risque de cancer, voire d’aider les humains et d’autres mammifères à vivre plus longtemps.

Les travaux de l’équipe de recherche ont montré que la metformine cible directement l’ATP5I, une petite sous-unité de l’enzyme qui produit l’adénosine triphosphate (ATP), la molécule porteuse d’énergie présente dans les cellules de tous les êtres vivants.

L’étude, dont les résultats ont été publiés fin avril, révèle le rôle crucial joué par l’ATP5I et ouvre ainsi la voie à de nouvelles recherches scientifiques, selon l’équipe.

«Comme c’est souvent le cas en recherche, cette découverte soulève plus de questions qu’elle apporte de réponses, a déclaré Gerardo Ferbeyre, professeur titulaire au Département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine et chercheur principal au Centre de recherche du CHUM. Nous avons ouvert la boîte de Pandore et nous allons avoir fort à faire pour découvrir où cela nous mène.»

 

Comprendre le mécanisme d’action de la metformine

Dès cet été, un nouveau programme orienté sur la médecine de famille en région sera offert aux personnes qui souhaitent entreprendre des études médicales à la Faculté de médecine de l’UdeM.

Alors que plusieurs régions du Québec font face à une pénurie de médecins de famille, la Faculté de médecine de l’Université de Montréal est à mettre sur pied un nouveau programme axé sur la pratique de la médecine familiale en dehors des grands centres, en collaboration avec des groupes de médecine de famille universitaires (GMF-U) de son réseau. Les personnes intéressées et admissibles pourront poser leur candidature dès cet été à ce programme qui sera offert à la rentrée 2027.

Ce nouveau programme s’inspire de modèles récemment implantés dans les facultés de médecine des universités Queen’s et Dalhousie. L’Université de Montréal deviendra ainsi la première université québécoise, et la troisième au pays, à offrir un tel parcours. Ce programme se distingue par une exigence particulière: dès leur demande d’admission, les candidates et candidats devront s’engager à effectuer leur résidence en médecine familiale dans un GMF-U en région affilié à l’UdeM.

«Au Québec, attirer et retenir des médecins de famille sont des enjeux prioritaires, particulièrement dans certaines régions de notre réseau, comme les Hautes-Laurentides, la Haute-Mauricie et l’Abitibi-Témiscamingue. Ce programme incarne notre mission de responsabilité sociale en renforçant l’attractivité de la médecine familiale dans les zones éloignées du Québec. Ses retombées se feront sentir dès les prochaines années, puisqu’il sera offert à compter de la rentrée 2027», souligne le doyen de la Faculté de médecine, le Dr Patrick Cossette.

 

Un nouveau programme axé sur la médecine familiale en région sera offert à l’UdeM