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Voir vite, décider vite. Derrière les réflexes impressionnants des cyclistes d’élite se cachent des capacités perceptivomotrices que la science tente encore de comprendre.

Quand un cycliste professionnel roule à plus de 40 km/h au milieu d’un peloton compact, il dispose de quelques fractions de seconde pour éviter une chute dramatique, bloquer une offensive ou choisir la meilleure trajectoire pour prendre les devants.

Comment le cerveau parvient-il à prendre de telles décisions à une vitesse vertigineuse tout en maintenant un contrôle moteur d’une grande précision? Et quel est le rôle de la vision dans cette gymnastique?

Si les sciences du sport s’intéressent à l’endurance, à la physiologie de l’exercice ou à l’aérodynamisme, les mécanismes perceptivocognitifs et moteurs qui permettent aux cyclistes d’élite d’anticiper leurs actions et de réagir demeurent relativement peu étudiés.

Mais Thomas Romeas, professeur associé à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de la Faculté de médecine de l’UdeM et scientifique de la performance à l’Institut national du sport du Québec, spécialisé en neurosciences de la vision et psychologie du sport, donne un tour de roue sur la question.

 

Dans l’œil du peloton: le rôle de la vision dans le sport

Après les fibres et les protéines, les cyclistes de haut niveau s’intéressent de plus en plus à leur microbiote. Comment pourrait-il améliorer leurs performances?

Bactéries, virus, phages, champignons… Notre microbiote regroupe des milliards de microorganismes. «Le corps humain contient des billions de cellules bactériennes qui sécrètent des composés qui interagissent à leur tour avec notre corps», résume Adrian Serohijos, professeur agrégé au Département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine de l’UdeM.

Dès la naissance, notre microbiote intestinal se constitue dans le tube digestif en fonction de l’environnement et de l’alimentation. «Le microbiote est fondamental: il a été démontré que l’humain ne peut pas vivre sans ses bactéries», indique le Dr Prévost Jantchou, professeur titulaire de clinique au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l’UdeM.

Le microbiote métabolise les aliments et produit des substrats qui servent au corps, lesquels agissent comme sources d’énergie et aident à renforcer la barrière intestinale, et joue un rôle dans la régulation du système immunitaire. «Lorsque nous mangeons, une partie des aliments doit être décomposée en molécules individuelles. Les bactéries participent largement à cette décomposition, ce qui permet ensuite aux nutriments d’être réabsorbés par l’organisme», explique Adrian Serohijos. Certaines bactéries, par exemple, s’attaquent aux fibres pour les transformer en acides gras à chaîne courte. «Nous ne sommes pas capables de faire fermenter ces fibres. C’est le travail des bactéries, qui en échange produisent des acides gras à chaîne courte qui sont essentiels pour notre santé», souligne Manuela Santos, professeure sous octroi titulaire au Département de médecine de l’UdeM.

 

Le microbiote, une clé pour de meilleures performances

La nutrition sportive est en plein essor et plusieurs mythes, dont ceux entourant les glucides, commencent à tomber. C’est le cheval de bataille de la nutritionniste du sport Ève Crépeau.

En septembre, les meilleurs cyclistes de la planète parcourront à vive allure les routes du campus principal de l’Université de Montréal à l’occasion des Championnats du monde de cyclisme sur route de l’Union cycliste internationale. En une seule épreuve, ils avaleront plus de glucides qu’un individu lambda peut en consommer en une journée entière.

Cette idée peut sembler étonnante, surtout à une époque où les régimes restrictifs et la peur des glucides occupent encore une place importante dans le discours populaire. Pourtant, chez les athlètes d’élite, la tendance est plutôt à l’inverse: on apprend à mieux nourrir le corps pour lui permettre de repousser ses limites. Et les plus récentes avancées en nutrition sportive montrent que plusieurs idées reçues sur l’alimentation des sportifs méritent d’être révisées.

Tour d’horizon d’une discipline en pleine effervescence avec Ève Crépeau, nutritionniste du sport et professeure adjointe de clinique au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’UdeM.

 

Capitaine Glucides à la rescousse

Des cyclistes de haut niveau comparent trois doses de sirop d’érable avec l’eau afin de mesurer l’oxydation des glucides et son effet possible dans un contre-la-montre.

Le sirop d’érable pourrait-il devenir un allié de performance pour les cyclistes de haut niveau? La question se pose alors que les valeurs en matière de glucides pendant l’effort, longtemps établies autour de 60 grammes à l’heure, ont presque doublé chez certains athlètes d’élite au cours des dernières années.

À l’approche des Championnats du monde de cyclisme sur route de l’Union cycliste internationale (UCI), qui se tiendront à Montréal du 20 au 27 septembre, Jonathan Tremblay, professeur titulaire à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de la Faculté de médecine de l’UdeM, dirige un projet de recherche qui contribuera à préciser cette question. Ses séances expérimentales se déroulent au Centre ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal, un établissement de Santé Québec.

 

Sirop d’érable et performance cycliste: quelle dose donne les meilleurs résultats?

Le cœur d’un cycliste d’élite peut éjecter jusqu’à 45 litres de sang par minute, presque le double de celui d’un amateur bien entraîné, selon le professeur Daniel Curnier.

À quel point les quelque 1000 cyclistes d’élite qui prendront part aux Championnats du Monde Route UCI 2026, du 20 au 27 septembre à Montréal, sont-ils différents, sur le plan physique, d’un amateur bien entraîné ou d’une personne qui les regarde à la télévision dans son salon?

La réponse tient d’abord à la quantité d’oxygène que le corps parvient à consommer à l’effort. «Un athlète d’élite peut y arriver jusqu’à quatre fois plus qu’une personne sédentaire, un écart qui se creuse essentiellement à l’effort par rapport au repos», indique Daniel Curnier, professeur titulaire à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de la Faculté de médecine de l’UdeM et spécialiste de la physiologie de l’entraînement.

Cet écart se mesure dans la consommation maximale d’oxygène, le fameux VO2 max. Au repos, cette valeur varie peu d’une personne à l’autre. C’est à l’effort maximal que l’écart s’accentue.

Des cœurs et des poumons hors normes: ce qui distingue le cycliste d’élite

Ils forment la première cohorte en médecine du campus des Laurentides de l’UdeM. Originaires de la région ou venus d’ailleursils nous disent pourquoi ils ont choisi d’y étudier et ce qui les anime. 

Evelyne Cyr : me former ici pour redonner à ma région

«J’ai choisi de faire mes études en médecine au campus des Laurentides par attachement pour ma région. Poursuivre mes études médicales ici est donc une suite logique! Je me sens privilégiée et fière de faire partie d’une nouvelle génération de médecins formés dans MA région POUR la région. Nous sommes accueillis à bras ouverts et je me sens choyée. La petite taille de la cohorte permet de tisser des liens significatifs entre nous, mais aussi avec l’équipe qui nous accompagnera tout au long de notre parcours. J’envisage très sérieusement de m’établir ici et d’y faire carrière. Je suis sensible aux besoins en santé de la population et j’aimerais contribuer à trouver des solutions pour cette région qui a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.» 

Justin Monette-Turyn : redonner à la communauté qui m’a vu grandir 

«Je suis originaire d’un petit village situé à une trentaine de minutes du campus. Toute ma vie est dans les Laurentides : ma conjointe, ma famille, mes amis. Pouvoir rester auprès d’eux pendant mes études est donc un avantage. Je souhaite d’ailleurs rester dans la région et y bâtir ma carrière pour redonner à la communauté qui m’a vu grandir. 

La proximité avec l’hôpital est aussi un atout important. Elle favorisera, je crois, une immersion progressive dans le milieu clinique et facilitera la transition vers les stages. 

Je ressens une grande fierté à faire partie de cette toute première cohorte. C’est très stimulant de participer aux débuts d’un nouveau campus.» 

Eleanor Greenspan-Ardman : découvrir une communauté et m’y engager

«J’ai choisi le campus des Laurentides parce que je voulais faire partie de ce mouvement qui vise à rapprocher les soins de santé des communautés en région. Comme je ne connais pas encore les Laurentides, j’ai très hâte de découvrir la communauté, de m’y impliquer et de rencontrer les gens que je serai appelée à servir. 

J’ai toujours aimé m’investir dans la vie étudiante. Alors arriver dans un campus où beaucoup de choses restent à construire me stimule énormément! J’ai très hâte de créer de nouvelles initiatives et de contribuer à une vie de campus qui nous ressemble. 

Je ne sais pas encore où ma carrière me mènera, mais je pourrais tout à fait m’imaginer pratiquer dans les Laurentides.» 

Alexandre Paquin Belzile : gagner en autonomie

«Lorsque j’ai eu à choisir mon campus, j’ai réfléchi au type d’environnement dans lequel j’avais envie d’étudier. J’avais beaucoup aimé mon expérience à l’Université de Sherbrooke, près de la nature et à l’extérieur d’un grand centre urbain. J’ai retrouvé plusieurs de ces éléments ici : un mode de vie semi-urbain, une petite cohorte et la possibilité d’avoir plus de responsabilités en stage. 

Sur le plan clinique, avoir plus de responsabilités peut sembler intimidant, mais je crois que ça nous aidera à développer notre autonomie, notre confiance et notre capacité d’adaptation. 

Ces prochaines années me permettront de découvrir les Laurentides et de voir quelle sera la suite de mon parcours.» 

Amelia St-Cyr : les avantages d’un campus à taille humaine

«J’ai choisi le campus des Laurentides pour profiter des avantages d’un plus petit campus et de classes moins nombreuses, tout en restant près de Montréal et de ma famille. Comme j’aime beaucoup le plein air, la proximité des sentiers de randonnée et de ski m’attirait aussi. 

Être parmi les premiers représente un beau défi. On arrive dans un nouveau milieu, avec la possibilité d’ouvrir la voie aux cohortes qui nous suivront. 

Ce qui me motive surtout dans mes études en médecine, c’est de savoir que, malgré les défis, elles me permettront d’avoir un impact concret sur la vie des gens.» 

Omer Ahmed : apprendre auprès de la population

«J’ai choisi les Laurentides parce que ce campus représente pour moi un nouveau départ. J’aimais l’idée de commencer mes études en médecine dans un endroit qui commence lui aussi sa propre histoire. 

J’avais aussi envie de faire ma formation en région. L’accès aux soins me tient beaucoup à cœur et je crois qu’on comprend mieux les réalités d’une population lorsqu’on apprend auprès d’elle. 

Je me vois vraiment pratiquer dans les Laurentides ou ailleurs en région. J’aimerais surtout exercer là où ma présence comme médecin peut répondre à un réel besoin.» 

William Leblanc : une page blanche pour laisser sa marque 

«Je connais et j’apprécie déjà les Laurentides : c’était difficile pour moi d’imaginer un meilleur endroit où passer les prochaines années! 

Ce qui m’attire particulièrement, c’est la possibilité de développer une pratique médicale polyvalente : on sera exposés à un grand éventail de situations cliniques et on mettra rapidement la main à la pâte. J’espère ainsi devenir un médecin à l’écoute, empathique et proche de ma communauté. 

Il y a une part d’inconnu à arriver dans un campus sans traditions établies ni «anciens» étudiants pour nous montrer le chemin. Mais c’est justement cette page blanche qui me stimule : nous avons la chance de laisser notre marque.» 

Doria Belhal : écrire les premières pages du campus

«J’ai choisi le campus des Laurentides parce que j’avais envie de me lancer dans une nouvelle aventure, dans un environnement à la fois stimulant et plus tranquille. Je voulais aussi découvrir une autre réalité de la médecine, plus près des patients et de la communauté. 

Faire partie de la toute première cohorte, c’est une grande fierté, mais aussi une grande responsabilité. On a vraiment le sentiment de participer à quelque chose qui nous dépasse. Nous avons la chance de créer l’AEEMUM Laurentides, de développer une identité collective et de préparer le terrain pour les cohortes qui suivront. C’est très excitant! 

J’aimerais beaucoup exercer un jour dans les Laurentides. Mes études ici vont me permettre de mieux connaître les besoins de la population et la réalité de la pratique médicale dans la région.»

Marc Megalli : contribuer à l’avenir de ma région 

«Ayant grandi dans les Laurentides, j’ai été attiré par la possibilité d’y faire mes études en médecine. C’est une région qui m’est chère et j’ai envie de mieux comprendre les réalités et les défis de ses communautés. 

Faire partie de la toute première cohorte est à la fois stimulant et un peu intimidant! On s’engage sur un chemin qui n’a encore jamais été parcouru. Heureusement, nous pouvons compter sur l’expérience et le soutien des campus de la Mauricie et de Montréal pour nous guider. 

J’aimerais beaucoup exercer un jour dans les Laurentides. La région évolue rapidement et offre de nombreuses possibilités. Et comme la nature et le plein air occupent une place importante dans ma vie depuis que je suis jeune, pouvoir y vivre et y travailler aurait beaucoup de sens pour moi. » 

Erica Pusztai : un coup de cœur pour les Laurentides

«Ça fait plusieurs années que j’ai la chance de passer beaucoup de temps dans les Laurentides, auprès de ma famille et de mes amis. Au fil des années, je suis tombée en amour avec les paysages, la tranquillité, mais aussi avec le côté chaleureux des gens.  

Ce qui m’attire beaucoup, c’est la petite cohorte. Je pense que la proximité et la cohésion entre nous vont vraiment enrichir nos apprentissages. J’aime aussi l’idée d’avoir un encadrement plus personnalisé et d’apprendre de façon concrète, dans le vif du sujet. 

Je ne sais pas encore où mon parcours va me mener, mais j’ai un immense coup de cœur pour les Laurentides. Je pourrais m’imaginer m’y établir et y exercer un jour.» 

Jacob Font-Lafargue : un choix de vie avant même la médecine

«J’avais déjà choisi de m’établir dans les Laurentides avant même d’y commencer mes études en médecine. Je devais d’ailleurs y pratiquer comme ergothérapeute. Étudier au campus des Laurentides s’inscrit donc naturellement dans la suite de mon parcours. 

J’avais aussi envie de sortir de la grande ville. Ayant déjà étudié à Sherbrooke, je sais ce que la proximité de la nature et le calme peuvent apporter au quotidien. Pour moi, il fait bon vivre en région et c’est un milieu où je me vois grandir autant sur le plan personnel que professionnel. 

Je n’ai donc aucune difficulté à m’imaginer exercer un jour dans les Laurentides comme médecin et à mettre mes compétences au service de la population.» 

Omar Salam : des patients qui contribuent à former les médecins

«J’ai choisi le campus des Laurentides parce que j’étais emballé par la volonté de renforcer la formation médicale en région. La proximité avec ma famille comptait aussi beaucoup : je pouvais entreprendre cette nouvelle étape tout en restant près de mes proches. 

Ce qui m’interpelle particulièrement, c’est le contact avec les patients. C’est sur le terrain, auprès d’eux et des cliniciens, qu’on développe des qualités essentielles comme l’écoute, la communication et l’empathie. 

Je pourrais tout à fait m’imaginer exercer un jour dans les Laurentides. Notre formation repose aussi sur la générosité des patients qui acceptent de participer à notre apprentissage. Ils contribuent à faire de nous de meilleurs médecins. Exercer un jour dans la région serait une belle façon de leur redonner à mon tour.» 

Pour en savoir plus, consultez l’article : 

Découvrez les voix et les visages de la première cohorte des Laurentides