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Les facultés existantes sont les mieux placées pour former de nouveaux médecins de manière rapide et à coût moindre, écrivent ici les doyens des quatre facultés de médecine du Québec.
Au cours des dernières semaines, une idée s’est graduellement immiscée dans les plateformes et les promesses électorales de partis politiques : pour améliorer l’accès aux médecins de famille, particulièrement en région, il serait judicieux de créer une nouvelle faculté de médecine, au sein du réseau de l’Université du Québec (UQ), afin de former plus de médecins à l’extérieur des centres urbains.
En surface, cette idée peut paraître séduisante. Si les Québécois peinent à consulter leur médecin de famille, pourquoi ne pas en former davantage ? Si le problème touche particulièrement les régions, pourquoi ne pas former les médecins sur place ? Dans ce contexte, pourquoi ne pas créer une nouvelle faculté de médecine à travers le réseau des UQ ? Quand on y regarde d’un peu plus près, cette proposition, séduisante en théorie, s’avère toutefois une illusion et revient à investir davantage dans de nouvelles structures que dans les solutions sur le terrain.
Avec quatre facultés de médecine qui forment des médecins sur 11 campus – deux à Montréal, Québec, Sherbrooke, Longueuil, Trois-Rivières, Saint-Jérôme, Gatineau, Lévis, Rimouski, Saguenay et bientôt Drummondville –, le Québec compte déjà un réseau de formation médicale exceptionnellement diversifié et décentralisé. Ces lieux de formation sont rattachés à des centres hospitaliers d’importance régionale, abritant les différentes unités spécialisées où doivent se dérouler les stages obligatoires. À ces campus s’ajoutent des centaines de milieux de stage clinique partout au Québec.
La médecine est le seul programme universitaire pour lequel la taille des cohortes est décidée par le gouvernement, en consultation avec les acteurs du terrain.
Ainsi, lorsqu’il a été jugé nécessaire de rehausser le nombre de médecins formés au Québec, les facultés de médecine ont augmenté leurs cohortes de façon importante et accélérée, avec un accent particulier en médecine de famille. En 2020, nos quatre facultés accueillaient ensemble 869 nouveaux étudiants et étudiantes par année. Cet automne, 1165 nouveaux étudiants commencent leur formation, soit une hausse de près de 35 % depuis cinq ans. Les effets de ces augmentations sont déjà mesurables, alors que le nombre de médecins de famille assermentés en 2026 atteint des chiffres historiques.
Le problème d’accès aux consultations de première ligne – réel, et encore ressenti par la population – est au cœur des efforts déployés par les facultés de médecine. Les effets de l’augmentation des cohortes ont commencé à se faire sentir et seront encore plus visibles au cours des prochaines années, tout comme les effets d’autres mesures touchant la prévention, l’organisation des soins et la collaboration interprofessionnelle.
Complexe et coûteux
Si le gouvernement du Québec en venait néanmoins à conclure, sur la base d’une analyse rigoureuse des projections des effectifs médicaux, qu’il faut urgemment former des centaines de nouveaux médecins de famille en région, la création d’une cinquième faculté de médecine serait la solution la plus complexe et la plus coûteuse pour y parvenir.
Nous travaillons régulièrement en complémentarité avec le réseau de l’UQ, qui forme un grand nombre de professionnels de la santé, et au sein duquel nous comptons de nombreux collègues, partenaires et amis. Les faits sont toutefois incontournables : le réseau de l’UQ n’a pour le moment pas de professeurs de médecine, pas de cursus ni d’infrastructures d’accueil pour des étudiants externes ou des résidents en médecine, pas d’entente avec des centres hospitaliers pour des stages en spécialités médicales, pas d’expérience avec le système canadien de jumelage de résidences et pas d’agrément du Comité d’agrément des facultés de médecine du Canada. À lui seul, le processus d’agrément prend plusieurs années.
Bref, tous les aspects organisationnels de la formation en médecine devraient être conçus et mis en place au sein de l’Université du Québec avant que ne débute la formation d’une seule étudiante.
Par l’entremise de leurs programmes et de leurs campus existants dans plusieurs régions, les quatre facultés de médecine du Québec sont prêtes à répondre à un besoin accru de formation de manière rapide et économique. L’expérience des dernières années le démontre. Il sera toujours plus simple et efficace d’augmenter le nombre de places et de sites de formation au sein de programmes existants que de créer une nouvelle structure pour accomplir le même objectif.
L’accès aux soins nous tient profondément à cœur. Nous nous réjouissons de voir les partis politiques se pencher sur les meilleures façons de répondre aux besoins de main-d’œuvre en santé. La population québécoise mérite cependant des solutions concrètes, réalisables à court terme et à moindre coût, pas des illusions.
Une cinquième faculté de médecine : solution ou illusion ?
Un test de VO2 max amélioré et des mesures du rendement mécanique et de la lactatémie pour mieux évaluer la performance des cyclistes sont offerts à la Clinique de kinésiologie de l’UdeM.
Alors que Montréal est l’épicentre du vélo avec les Championnats du monde de cyclisme sur route, la Clinique de kinésiologie de l’Université de Montréal offre de nouveaux tests d’évaluation de la performance aux cyclistes. La formule comprend un test de VO2 max plus poussé, de même que des évaluations du rendement mécanique et de la lactatémie.
«C’est une belle occasion de montrer l’expertise de l’Université de Montréal dans le domaine en combinant la recherche et la formation, puisque des étudiants et des étudiantes en kinésiologie de passage à la Clinique pourront se perfectionner dans l’exécution de ces tests», indique Raynald Bergeron, directeur de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique (EKSAP).
Ils seront sous la supervision d’Hugo Gravel, professeur adjoint de clinique à l’EKSAP.
La première journée d’évaluation est consacrée au test de VO2 max («V» pour volume, «O2» pour oxygène et «max» pour maximal) sur vélo. L’intensité de l’exercice est augmentée par paliers afin d’amener la personne à un effort maximal dans un intervalle d’environ 15 minutes.
«On mesure de façon directe, avec un masque, sa consommation d’oxygène, explique Hugo Gravel. Elle augmente en fonction de l’intensité, mais, rendue à un certain point, elle plafonne. C’est la limite interne de la personne. Cette valeur est très fortement corrélée à la capacité de performer dans les sports d’endurance et c’est un excellent marqueur de l’état de santé.»
Nouveaux tests d’évaluation de la performance des cyclistes à la Clinique de kinésiologie
Une étude internationale montre que la fatigue mentale altère les capacités d’endurance à vélo.
Après une journée passée à répondre à des courriels, à résoudre des conflits, à prendre des décisions et à lire des documents, une sortie à vélo peut sembler plus pénible. Pourtant, les jambes ne sont pas nécessairement plus faibles.
C’est précisément ce paradoxe qui intéresse Benjamin Pageaux, professeur agrégé à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de la Faculté de médecine de l’UdeM, et ses collègues de Nantes Université. Dans une étude publiée dans le Peer Community Journal, l’équipe a cherché à comprendre ce qui se passe lorsqu’une personne réalise un exercice d’endurance alors qu’elle est mentalement fatiguée.
Le résultat est révélateur: après une tâche cognitive exigeante, les participants ont pédalé moins longtemps et ont perçu l’exercice comme plus difficile, alors que l’activation de leurs muscles des jambes n’était pas différente.
Autrement dit, le cerveau peut contribuer à faire paraître l’effort plus ardu sans que les muscles soient moins capables de travailler.
Quand le cerveau est fatigué, l’endurance déraille
Le Pasteur Network et la Faculté de médecine de l’Université de Montréal annoncent l’adhésion de cette dernière à ce réseau international à titre de membre associé. Cette alliance ouvre la voie à de nouvelles collaborations à travers le monde en recherche et en formation, au bénéfice des communautés scientifiques des deux organisations.
Approuvée par l’Assemblée générale du Pasteur Network (PN) réunie le 26 juin 2026 à Bruxelles, cette adhésion, favorisera la mise en commun d’expertises complémentaires dans plusieurs domaines de recherche, des sciences fondamentales à la santé des populations.
Avec ses 15 départements et 3 écoles, la Faculté de médecine de l’Université de Montréal forme plus de 2500 étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et compte quelque 5000 membres du corps professoral, dont 2500 cliniciennes-enseignantes et cliniciens-enseignants.
La Faculté devient ainsi le deuxième membre – après l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) – du réseau en Amérique du Nord, contribuant à renforcer sa présence sur le continent.
Des expertises complémentaires pour relever les grands défis de santé
Plusieurs forces de recherche de la Faculté font écho aux priorités scientifiques du Pasteur Network et offrent des perspectives de collaboration :
- Comprendre les mécanismes fondamentaux du vivant : structure des virus, biologie des ARN, génomique microbienne et bactériophages, fonctionnement du cerveau et maladies neurodégénératives. Ces travaux font progresser les connaissances pour mieux prévenir, détecter et traiter les maladies.
- Se préparer aux pandémies : des travaux associant notamment bactériologie, microscopie et intelligence artificielle permettent d’analyser des phénotypes bactériens complexes et de repérer de nouveaux antimicrobiens. Des équipes en virologie et en immunologie jouent également un rôle clé dans la compréhension des maladies infectieuses et la réponse aux menaces sanitaires, comme l’a démontré leur contribution durant la pandémie de COVID-19.
- Santé mère-enfant : des équipes de recherche clinique de la Faculté pilotent un réseau canadien d’essais cliniques destiné aux femmes enceintes et aux enfants, qui s’appuie notamment sur des biobanques, des mécanismes de gouvernance des données et des dispositifs de surveillance.
- Intelligence artificielle et santé numérique : des travaux en santé de précision s’appuient sur des outils de prédiction, de diagnostic et d’aide à la décision clinique qui croisent des données hospitalières, des données omiques et des données d’imagerie.
- Une seule santé : cette approche interfacultaire vise à décloisonner les expertises pour mieux surveiller, prévenir et agir face aux grands enjeux de santé.
De nouvelles possibilités de maillage et de formation

L’adhésion au Pasteur Network permettra à la communauté de recherche de la Faculté et à sa relève scientifique de participer à des activités de formation, d’échange et de collaboration. Les chercheurs et chercheuses, les membres du personnel scientifique ainsi que les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs seront notamment admissibles aux cours et formations du Pasteur Network, au programme SPARK de soutien aux scientifiques en début de carrière, aux groupes de travail scientifiques et à la plateforme collaborative PNLink. Ils pourront également profiter de nouvelles occasions de réseautage, de mobilité étudiante et de développement de projets avec les autres membres du PN.
En retour, l’adhésion permettra aux membres du Pasteur Network de bénéficier d’expertises, d’infrastructures et d’activités mises en place par la Faculté et son réseau de centres et instituts de recherche, notamment de plateformes de recherche innovantes, de programmes de soutien aux cliniciens-chercheurs et cliniciennes-chercheuses, d’écoles d’été ainsi que d’ateliers en bio-informatique, en multiomique, en intelligence artificielle et en immunologie, de même que sur des technologies innovantes.
La Réunion annuelle du Pasteur Network (PNAM 2026), qui se tiendra au début de novembre à Laval, au Canada, et sera accueillie par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), offrira une première occasion de concrétiser ce partenariat. Elle réunira les membres du PN et permettra à la Faculté de tisser de nouveaux liens et de faire émerger des projets communs.
La Faculté de médecine de l’UdeM devient la première faculté au monde à se joindre au Pasteur Network
Les mécanismes d’une forme rare et grave d’encéphalopathie génétique se précisent grâce aux travaux d’une équipe du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine.
Une équipe du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, un établissement de Santé Québec, vient de franchir une étape importante dans la compréhension d’une forme rare et grave d’encéphalopathie génétique associée à une mutation du gène DHDDS.
En concevant le premier modèle murin reproduisant fidèlement une des formes de la maladie humaine, le chercheur Alexey Pshezhetsky, professeur titulaire au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal, et la Dre Elsa Rossignol, professeure titulaire au Département de neurosciences, mettent à la disposition de la communauté scientifique un outil sans précédent pour explorer les mécanismes biologiques de cette maladie neurodéveloppementale et accélérer la mise au point de nouvelles approches thérapeutiques.
Un modèle inédit dévoile les mécanismes d’une rare encéphalopathie d’origine génétique
Et si les maladies cardiovasculaires laissaient des traces dans le cerveau bien avant l’apparition des premiers signes de déclin cognitif?
Les maladies cardiovasculaires laisseraient-elles des traces dans le cerveau bien avant l’apparition des premiers signes de déclin cognitif? C’est l’une des questions qui occupe Claudine Gauthier, nouvelle professeure sous octroi titulaire au Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire de la Faculté de médecine de l’UdeM et titulaire de la Chaire Michal et Renata Hornstein en imagerie cardiovasculaire.
Spécialiste de l’imagerie par résonance magnétique (IRM), elle étudie comment le vieillissement et les maladies cardiovasculaires transforment la santé vasculaire et la santé métabolique du cerveau.
L’ambition est claire: repérer tôt les personnes dont le cerveau est plus vulnérable au vieillissement et déterminer comment agir avant que les dommages deviennent irréversibles.
Claudine Gauthier: ce que le cœur révèle sur la santé du cerveau
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