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La toute première Journée de la recherche André-Robidoux et Rachelle-Marquis sur le cancer du sein a réuni, le 18 septembre 2026 à l’IRCM, des chercheuses et chercheurs engagés dans l’avancement de la recherche et des soins.
Par Bruno Geoffroy
Créée grâce à un don philanthropique de 500 000 $ de Rachelle Marquis, épouse du regretté Dr André Robidoux, la Journée de la recherche André-Robidoux et Rachelle-Marquis sur le cancer du sein rend hommage à l’un des grands bâtisseurs nord-américains de la recherche sur le cancer du sein. Elle vise à renforcer les liens entre la recherche et la clinique et à devenir un rendez-vous annuel pour la communauté.
Combiné à une autre contribution philanthropique, ce don permettra de lancer le programme Cancer du sein : De la découverte à la guérison, qui financera de trois à cinq projets de recherche, jusqu’à concurrence de 75 000 $ chacun. L’objectif ? Stimuler les collaborations et favoriser l’émergence de nouvelles approches en recherche sur le cancer du sein.
«Je tiens à remercier chaleureusement Rachelle Marquis, dont la générosité a rendu possible la création de cette Journée et permettra de la faire vivre au cours des prochaines années. Son engagement contribue également à soutenir la relève en recherche», a dit le Dr Patrick Cossette, doyen de la Faculté de médecine.
En 2026, 32 400 femmes au Canada recevront un diagnostic de cancer du sein. Environ 5 400 d’entre elles en mourront, selon la Société canadienne du cancer.
Ces chiffres rappellent l’urgence d’agir. La prévention, le dépistage précoce et le traitement adapté à chaque tumeur restent des défis majeurs.
C’est autour de ces enjeux que la Faculté de médecine de l’Université de Montréal a réuni des chercheuses, chercheurs, cliniciennes et cliniciens œuvrant dans le domaine du cancer du sein, lors d’une journée marquée par une forte mobilisation de la communauté et visant à approfondir la compréhension de la maladie et à accélérer le transfert des découvertes vers la pratique clinique.
Un héritage qui fait avancer la recherche
La journée s’est ouverte par un hommage au Dr André Robidoux, chirurgien-oncologue de renommée internationale, fondateur et directeur du Groupe de recherche en cancer du sein au CHUM (aujourd’hui Santé Québec ‒ CHUM).
Pionnier de la lutte contre le cancer du sein, le Dr Robidoux a contribué à structurer la recherche québécoise dans ce domaine. Il a notamment été à l’initiative du Groupe McPeak-Sirois de recherche clinique en cancer du sein et a fondé deux chaires de recherche à l’Université de Montréal consacrées à cette maladie. Son parcours témoigne d’une conviction profonde : les plus grandes avancées naissent du dialogue entre la recherche et la clinique.
Cette vision a trouvé un écho tout au long de la journée. La forte participation de cliniciennes-chercheuses, de cliniciens-chercheurs et de scientifiques issus de multiples disciplines a constitué l’un des faits saillants de cette première édition.
De la biologie moléculaire à l’imagerie, en passant par la chirurgie, l’immunologie et l’oncologie de précision, les présentations ont illustré toute la richesse de la recherche sur le cancer du sein menée par la communauté. Malgré la diversité des approches, une même ambition animait les participantes et participants : mieux comprendre la maladie pour offrir des traitements plus efficaces et plus personnalisés.
La première session, intitulée Métastases et réponses thérapeutiques, s’est intéressée aux mécanismes qui permettent aux cellules cancéreuses de migrer et de résister aux traitements. Gerardo Ferbeyre, chercheur au Centre de recherche du CHUM, un établissement de Santé Québec, et titulaire de la Chaire CIBC en recherche sur les causes du cancer du sein de l’Université de Montréal, y a notamment présenté ses travaux sur le métabolisme du lactate. Ce «carburant», utilisé par certaines cellules cancéreuses agressives, favorise leur propagation.
La deuxième session, Thérapies émergentes et résistance, a exploré de nouvelles avenues pour mieux cibler les tumeurs et limiter les traitements inutiles. La Dre Saima Hassan, chirurgienne, chercheuse clinicienne et titulaire de la Chaire Banque Scotia en diagnostic et traitement du cancer du sein de l’Université de Montréal au CHUM (aujourd’hui Santé Québec ‒ CHUM), a présenté des outils de médecine de précision combinant analyses sanguines, spectroscopie Raman et intelligence artificielle afin de mieux prédire la réponse aux traitements et de personnaliser les soins.
Un demi-siècle d’avancées en cancer du sein
Invité à prononcer la conférence d’honneur, le Dr Norman Wolmark, président de la National Surgical Adjuvant Breast Project (NSABP) Foundation et figure emblématique de la recherche clinique sur le cancer du sein, a retracé plus de 50 ans d’innovations qui ont transformé les soins.
«Le passé éclaire les défis d’aujourd’hui. Il nous oblige aussi à reconnaître les occasions ratées et les erreurs stratégiques que nous avons commises», a-t-il déclaré.
Le chercheur a rappelé que plusieurs avancées aujourd’hui considérées comme incontournables ont d’abord été accueillies avec scepticisme. Parmi elles figure l’abandon progressif de la mastectomie radicale. Des essais cliniques menés par le NSABP ont démontré que des interventions moins invasives pouvaient offrir une survie comparable, contribuant à redéfinir les normes de traitement à l’échelle mondiale.
Le Dr Wolmark a aussi souligné l’apport du Dr André Robidoux à l’avancement de la chimiothérapie néoadjuvante. Les travaux auxquels ce dernier a participé ont permis de mieux comprendre la réponse pathologique et d’ouvrir la voie à des approches aujourd’hui utilisées chez les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2 positif.
Tourné vers l’avenir, le conférencier a mis en lumière le potentiel de la médecine de précision, notamment grâce aux tests génomiques et à l’ADN tumoral circulant, qui pourraient permettre de détecter plus tôt les récidives et de mieux guider les traitements.
Un prix pour célébrer les bâtisseurs
La fin de cette première Journée de la recherche a été marquée par la remise du premier Prix André-Robidoux et Rachelle-Marquis pour la recherche sur le cancer du sein, une nouvelle distinction destinée à souligner la contribution exceptionnelle d’une personnalité scientifique de renommée internationale ayant fait progresser la recherche dans ce domaine.
Pour cette première édition, l’honneur est revenu au Dr Norman Wolmark. Ce prix souligne plus de 45 ans d’engagement consacrés à l’évolution des pratiques médicales grâce aux essais cliniques.
Ami de longue date du Dr André Robidoux, avec qui il a collaboré pendant plusieurs décennies au sein de la NSABP Foundation, le chercheur a profité de l’occasion pour lancer un appel à la relève.
«Vous avez une décision à prendre. Allez-vous être un acteur du changement ou un simple spectateur?»
Avant de quitter la scène, il a invité la prochaine génération de chercheuses et chercheurs à poursuivre l’œuvre des pionniers qui ont transformé la prise en charge du cancer du sein et à « faire mieux que nous ».



La relève à l’honneur
À travers une trentaine d’affiches, des étudiantes et étudiants ont présenté leurs travaux et les questions qui mobilisent la relève. Pourquoi certaines tumeurs deviennent-elles résistantes aux traitements? Comment les détecter plus tôt ou les cibler plus efficacement?
Trois bourses André-Robidoux et Rachelle-Marquis de 15 000 $ ont été remises pour soutenir des projets prometteurs menés par la relève. Voici les trois lauréates de cette première édition, toutes étudiantes au doctorat en biologie moléculaire :
- Arta Berenjikazerooni (IRIC) pour son projet Dissecting the individual roles of mesenchymal transcription factors in breast cancer progression ;
- Andréane Lalonde (IRCM) pour son projet Defining the role of endothelial-specific AXL and its associated signalling pathways in the tumor microenvironment;
- Anaïs Vivet (IRIC) pour son projet Rôle de l’ubiquitine ligase RNF111 dans la dégradation d’Erα par les antiestrogènes de type SERD.
Une journée scientifique pour accélérer la lutte contre le cancer du sein
En étudiant les interactions entre les protéines, les laboratoires d’Adrian Serohijos et de Stephen Michnick veulent comprendre comment l’information génétique façonne les caractéristiques du vivant.
L’une des questions fondamentales en biologie est de comprendre comment nos gènes façonnent ce que nous sommes. Adrian Serohijos et Stephen Michnick, respectivement professeur agrégé et professeur titulaire au Département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine de l’UdeM, s’intéressent ainsi à la relation entre le génotype et le phénotype, soit la façon dont l’ADN devient ARN, puis protéine et finalement s’exprime dans des caractéristiques observables chez un individu ou n’importe quel organisme vivant. «Nous tentons de percer les mécanismes du génome, en particulier la manière dont l’information qu’il code est traitée à l’intérieur de la cellule», résume Adrian Serohijos.
La question peut être abordée à travers deux voies: l’une consiste à voir comment l’organisme change lorsqu’il est perturbé par l’environnement. La seconde, prise par les chercheurs de l’Institut Courtois d’innovation biomédicale, est de se pencher sur les mutations dans le génome d’un individu, qui jouent un rôle important dans la définition de nos caractéristiques individuelles. «C’est une question importante parce que notre ADN détermine non seulement nos caractéristiques physiques, comme la couleur de nos yeux, mais aussi la façon dont nous répondons à des médicaments, ce qui est essentiel dans le contexte de la médecine personnalisée», explique Stephen Michnick. Or, on ne peut faire de prédiction en se basant uniquement sur l’ADN d’un individu.
Cartographier le «réseau social» des protéines dans la cellule
Cofondée par deux chercheurs de l’IRIC, RejuvenRx obtient un million de dollars pour continuer le développement de médicaments régénératifs administrés par voie orale.
RejuvenRx, une société de biotechnologie cofondée par Anne Marinier, professeure sous octroi titulaire au Département de pharmacologie et physiologie, et Guy Sauvageau, professeur titulaire au Département de médecine de l’UdeM, et tous deux chercheurs principaux à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, reçoit une subvention d’un million de dollars du Réseau de cellules souches du Canada.
L’entreprise devient la première à obtenir un financement du Programme de subventions d’incubation du Réseau. Le programme vise à soutenir de jeunes entreprises canadiennes en médecine régénérative afin qu’elles franchissent les premières étapes du développement clinique, de la fabrication et de la recherche de nouveaux investissements.
RejuvenRx travaille à mettre au point une nouvelle génération de médicaments administrés par voie orale qui ciblent les cellules souches dont le fonctionnement est altéré par le vieillissement ou certaines maladies. Ses principaux travaux reposent sur une nouvelle classe de molécules, les KMGD, qui agissent sur le complexe CoREST, un régulateur actif dans le renouvellement et la différenciation des cellules souches hématopoïétiques.
RejuvenRx reçoit un million pour faire progresser de nouveaux médicaments régénératifs
En s’intéressant aux effets du tabagisme maternel sur la taille du cortex visuel, le neuroscientifique Tomas Paus fait la lumière sur un mécanisme jusqu’alors jamais étudié chez les humains.
Un cerveau en formation bien avant la naissance
Les facultés existantes sont les mieux placées pour former de nouveaux médecins de manière rapide et à coût moindre, écrivent ici les doyens des quatre facultés de médecine du Québec.
Au cours des dernières semaines, une idée s’est graduellement immiscée dans les plateformes et les promesses électorales de partis politiques : pour améliorer l’accès aux médecins de famille, particulièrement en région, il serait judicieux de créer une nouvelle faculté de médecine, au sein du réseau de l’Université du Québec (UQ), afin de former plus de médecins à l’extérieur des centres urbains.
En surface, cette idée peut paraître séduisante. Si les Québécois peinent à consulter leur médecin de famille, pourquoi ne pas en former davantage ? Si le problème touche particulièrement les régions, pourquoi ne pas former les médecins sur place ? Dans ce contexte, pourquoi ne pas créer une nouvelle faculté de médecine à travers le réseau des UQ ? Quand on y regarde d’un peu plus près, cette proposition, séduisante en théorie, s’avère toutefois une illusion et revient à investir davantage dans de nouvelles structures que dans les solutions sur le terrain.
Avec quatre facultés de médecine qui forment des médecins sur 11 campus – deux à Montréal, Québec, Sherbrooke, Longueuil, Trois-Rivières, Saint-Jérôme, Gatineau, Lévis, Rimouski, Saguenay et bientôt Drummondville –, le Québec compte déjà un réseau de formation médicale exceptionnellement diversifié et décentralisé. Ces lieux de formation sont rattachés à des centres hospitaliers d’importance régionale, abritant les différentes unités spécialisées où doivent se dérouler les stages obligatoires. À ces campus s’ajoutent des centaines de milieux de stage clinique partout au Québec.
La médecine est le seul programme universitaire pour lequel la taille des cohortes est décidée par le gouvernement, en consultation avec les acteurs du terrain.
Ainsi, lorsqu’il a été jugé nécessaire de rehausser le nombre de médecins formés au Québec, les facultés de médecine ont augmenté leurs cohortes de façon importante et accélérée, avec un accent particulier en médecine de famille. En 2020, nos quatre facultés accueillaient ensemble 869 nouveaux étudiants et étudiantes par année. Cet automne, 1165 nouveaux étudiants commencent leur formation, soit une hausse de près de 35 % depuis cinq ans. Les effets de ces augmentations sont déjà mesurables, alors que le nombre de médecins de famille assermentés en 2026 atteint des chiffres historiques.
Le problème d’accès aux consultations de première ligne – réel, et encore ressenti par la population – est au cœur des efforts déployés par les facultés de médecine. Les effets de l’augmentation des cohortes ont commencé à se faire sentir et seront encore plus visibles au cours des prochaines années, tout comme les effets d’autres mesures touchant la prévention, l’organisation des soins et la collaboration interprofessionnelle.
Complexe et coûteux
Si le gouvernement du Québec en venait néanmoins à conclure, sur la base d’une analyse rigoureuse des projections des effectifs médicaux, qu’il faut urgemment former des centaines de nouveaux médecins de famille en région, la création d’une cinquième faculté de médecine serait la solution la plus complexe et la plus coûteuse pour y parvenir.
Nous travaillons régulièrement en complémentarité avec le réseau de l’UQ, qui forme un grand nombre de professionnels de la santé, et au sein duquel nous comptons de nombreux collègues, partenaires et amis. Les faits sont toutefois incontournables : le réseau de l’UQ n’a pour le moment pas de professeurs de médecine, pas de cursus ni d’infrastructures d’accueil pour des étudiants externes ou des résidents en médecine, pas d’entente avec des centres hospitaliers pour des stages en spécialités médicales, pas d’expérience avec le système canadien de jumelage de résidences et pas d’agrément du Comité d’agrément des facultés de médecine du Canada. À lui seul, le processus d’agrément prend plusieurs années.
Bref, tous les aspects organisationnels de la formation en médecine devraient être conçus et mis en place au sein de l’Université du Québec avant que ne débute la formation d’une seule étudiante.
Par l’entremise de leurs programmes et de leurs campus existants dans plusieurs régions, les quatre facultés de médecine du Québec sont prêtes à répondre à un besoin accru de formation de manière rapide et économique. L’expérience des dernières années le démontre. Il sera toujours plus simple et efficace d’augmenter le nombre de places et de sites de formation au sein de programmes existants que de créer une nouvelle structure pour accomplir le même objectif.
L’accès aux soins nous tient profondément à cœur. Nous nous réjouissons de voir les partis politiques se pencher sur les meilleures façons de répondre aux besoins de main-d’œuvre en santé. La population québécoise mérite cependant des solutions concrètes, réalisables à court terme et à moindre coût, pas des illusions.
Une cinquième faculté de médecine : solution ou illusion ?
Un test de VO2 max amélioré et des mesures du rendement mécanique et de la lactatémie pour mieux évaluer la performance des cyclistes sont offerts à la Clinique de kinésiologie de l’UdeM.
Alors que Montréal est l’épicentre du vélo avec les Championnats du monde de cyclisme sur route, la Clinique de kinésiologie de l’Université de Montréal offre de nouveaux tests d’évaluation de la performance aux cyclistes. La formule comprend un test de VO2 max plus poussé, de même que des évaluations du rendement mécanique et de la lactatémie.
«C’est une belle occasion de montrer l’expertise de l’Université de Montréal dans le domaine en combinant la recherche et la formation, puisque des étudiants et des étudiantes en kinésiologie de passage à la Clinique pourront se perfectionner dans l’exécution de ces tests», indique Raynald Bergeron, directeur de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique (EKSAP).
Ils seront sous la supervision d’Hugo Gravel, professeur adjoint de clinique à l’EKSAP.
La première journée d’évaluation est consacrée au test de VO2 max («V» pour volume, «O2» pour oxygène et «max» pour maximal) sur vélo. L’intensité de l’exercice est augmentée par paliers afin d’amener la personne à un effort maximal dans un intervalle d’environ 15 minutes.
«On mesure de façon directe, avec un masque, sa consommation d’oxygène, explique Hugo Gravel. Elle augmente en fonction de l’intensité, mais, rendue à un certain point, elle plafonne. C’est la limite interne de la personne. Cette valeur est très fortement corrélée à la capacité de performer dans les sports d’endurance et c’est un excellent marqueur de l’état de santé.»
Nouveaux tests d’évaluation de la performance des cyclistes à la Clinique de kinésiologie
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