Allogreffe: paroles de patients

Dominic LeBlanc et Mai Duong

Grâce à la greffe de cellules souches, des patients retrouvent un système immunitaire… et une seconde vie. Le ministre fédéral Dominic LeBlanc et Mai Duong, fondatrice de Swab The World*, témoignent.

 

Dominic LeBlanc: «L’équipe de greffe m’a accompagné dans la période la plus difficile de ma vie»

Dominic LeBlanc est en grande forme. De passage à Montréal, le ministre fédéral a tenu à nous rencontrer à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour témoigner de son parcours et saluer l’équipe qui l’a soigné.

«Je me considère comme extrêmement chanceux. Quand je repense à ce que j’ai traversé, je sais que l’issue aurait pu être complètement différente.

«En avril 2019, on m’a diagnostiqué un lymphome non hodgkinien, un type de cancer du sang très rare. Deux ans auparavant, j’avais surmonté une leucémie lymphoïde chronique. À l’Hôpital régional Dr-Georges-L.-Dumont, principal centre hospitalier francophone du Nouveau-Brunswick, les médecins ont dû adapter les traitements au fur et à mesure. Heureusement, la chimiothérapie a fonctionné. C’était la condition pour envisager la greffe.

«Mon hémato-oncologue de Moncton m’a dirigé vers l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, dans l’est de Montréal, où pratiquait la Dre Sylvie Lachance, une sommité en greffe au Québec. Elle a accepté de me prendre en charge. Je suis arrivé à la fin août.

 

Mai Duong: «Après un cancer, on perd une certaine innocence»

Douze ans après une leucémie et une greffe, Mai Duong peut se considérer comme guérie. Elle œuvre désormais à diversifier les registres de donneurs de cellules souches.

«Aujourd’hui, je parle d’une vie extraordinaire. Mais je n’aurais jamais utilisé ce mot à l’époque. Quand j’ai reçu mon diagnostic de leucémie myéloïde aigüe, j’étais enceinte de mon deuxième enfant. Mon monde s’est écroulé. J’ai dû mettre un terme à ma grossesse et commencer un traitement de chimiothérapie intensif.

«Dix mois plus tard, j’ai fait une rechute. Il me fallait une greffe de cellules souches à tout prix. Mais en raison de mes origines vietnamiennes, mes chances de trouver un donneur compatible étaient très faibles: les registres manquent cruellement de donneurs non blancs. Le temps était compté. C’est un sentiment d’impuissance total. On réalise que quelque chose d’aussi fondamental que la vie peut dépendre d’un inconnu.