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Le professeur et chercheur Alain Moreau travaille d’arrache-pied pour apporter un peu d’espoir aux personnes atteintes de cette maladie particulièrement handicapante… et mystérieuse.

Longtemps appelée «syndrome de fatigue chronique», l’encéphalomyélite myalgique est aujourd’hui reconnue comme une maladie complexe et multisystémique, mais elle est encore largement incomprise.

Alain Moreau, professeur titulaire au Département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine et au Département de stomatologie de l’Université de Montréal, et chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, y consacre une part importante de ses travaux.

Il s’est donné le mandat de faire la lumière sur les nombreuses zones d’ombre qui persistent autour de cette maladie, notamment du côté des prédispositions génétiques et des mécanismes biologiques en jeu.

 

 

Disperser le brouillard autour de l’encéphalomyélite myalgique

La technique se présente comme une solution novatrice, car elle utilise l’énergie de manière non invasive pour cibler plus précisément des régions profondes du cerveau.

Une nouvelle technique de neurostimulation non invasive qui permet d’atteindre les régions profondes du cerveau a été utilisée pour élucider les mécanismes cérébraux de la douleur, ce qui a laissé voir de prometteuses applications cliniques neurologiques et psychiatriques. Les résultats de cette étude, publiés dans le journal Pain, mettent en lumière le potentiel de cette technologie pour sonder les réseaux neuronaux de la douleur avec, en perspective, la mise au point d’interventions cliniques efficaces.

«Jusqu’à récemment, les techniques de neuromodulation comprenaient des méthodes invasives [stimulation cérébrale profonde] et des approches non invasives qui ne permettaient pas souvent d’atteindre les régions profondes du cerveau. C’est le cas en particulier de la stimulation magnétique transcrânienne et de la stimulation transcrânienne par courant continu», explique Oury Monchi, professeur titulaire au Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire de la Faculté de médecine de l’UdeM et chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM).

«La stimulation transcrânienne par ultrasons [TUS] se présente comme une solution novatrice, car elle utilise l’énergie de manière non invasive pour cibler plus précisément des régions profondes du cerveau, notamment celles associées à la douleur», poursuit Ali K. Zadeh, premier auteur de l’étude.

L’équipe de recherche a mené un essai expérimental à double insu et contrôlé par placébo auprès de 25 participants en santé âgés de 18 à 40 ans. L’étude visait à évaluer l’effet de la TUS sur différents tests de sensibilité à la douleur en ciblant précisément deux régions du cerveau: le cortex somatosensoriel primaire gauche (S1) et le noyau ventro-postéro-latéral gauche (VPL) du thalamus.

 

Traitement de la douleur: l’intérêt de la neuromodulation par ultrasons se confirme

Pour la première fois, les vaisseaux sanguins du cerveau d’un souriceau ont été cartographiés, révélant trois phases de développement liées à la croissance des circuits nerveux.

Une équipe de recherche codirigée par Alexandre Dubrac, professeur sous octroi agrégé au Département de pathologie et biologie cellulaire à la Faculté de médecine de l’UdeM et chercheur au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte‑Justine, réalise une avancée majeure en neurosciences du développement avec la publication, dans la revue Cell, du tout premier atlas détaillé du développement postnatal du réseau vasculaire du cerveau.

Ces travaux révèlent que les vaisseaux sanguins du cerveau ne se développent pas simplement en parallèle des neurones. Leur croissance suit une trajectoire dynamique en plusieurs phases et varie selon les régions du cerveau, en étroite relation avec la maturation des circuits neuronaux permettant leur participation active dans la formation du cerveau après la naissance.

«Nous savions que les neurones changeaient beaucoup après la naissance, mais nous connaissions peu de choses sur la façon dont les vaisseaux sanguins s’adaptaient à ces transformations. Cet atlas nous donne enfin une vue d’ensemble de cette dynamique essentielle», explique Mathilde Bizou, postdoctorante et copremière auteure de cette étude réalisée en étroite collaboration avec le laboratoire du Dr Nicolas Renier à l’Institut du cerveau de Paris.

 

Dessiner la carte du développement du cerveau

Les maladies infectieuses posent de grands défis aux équipes de recherche. Un don combiné d’Intact et des familles Brindamour et Gagnon de cinq millions de dollars aidera à les relever.

Causées par des microorganismes pathogènes – virus, bactéries, parasites, champignons –, les maladies infectieuses affectent des milliards de personnes chaque année dans le monde. Leur prévention et la recherche de traitements sont primordiales, car elles réduisent l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé, en plus de comporter des risques de complications et de malformations pour le foetus. Et il n’y a aucun répit en vue alors que les changements climatiques favorisent la montée d’autres maladies infectieuses comme la maladie de Lyme et le virus du Nil occidental.

«On les voit, les effets des changements climatiques et, en tant qu’assureur, on les prend en compte. On veut aider celles et ceux qui seront les plus touchés», affirme Louis Gagnon, chef de la direction d’Intact au Canada.

Concrètement, le don de cinq millions de dollars a permis d’appuyer la création du Centre d’excellence pour les maladies infectieuses. Cette unité unique au Canada rassemble des chercheurs et chercheuses de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal qui travaillent à l’Institut Courtois en innovation biomédicale ou au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, qui contribue à la lutte contre les maladies infectieuses et à la préparation en vue des prochaines pandémies.

 

Stimuler la recherche sur les maladies infectieuses pour protéger les plus vulnérables

Il a 30 ans, deux diplômes de l’UdeM, une conscience aigüe des inégalités des chances et le désir de redonner à la société québécoise. Le résident en psychiatrie poursuit sa quête d’excellence.

Pour Wolf Thyma, l’heure de vérité a sonné. Ces jours-ci, il doit passer l’examen de psychiatrie du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. «C’est l’examen le plus important de ma vie!» s’exclame-t-il, visiblement fébrile. Le résident de quatrième année en psychiatrie est à peine assis que déjà il remonte le fil de sa trajectoire, conscient que chaque minute compte dans son emploi du temps surchargé. S’il réussit cette épreuve, il obtiendra le titre de spécialiste et le permis d’exercer de façon autonome. «J’ai dû faire des choix pour me concentrer sur mes études», reconnaît celui qui jongle depuis toujours avec ses innombrables passions et engagements.

En parallèle, il effectue un stage auprès de patients aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de santé mentale à l’Hôpital Notre-Dame. Et comme si ce n’était pas assez, ce bûcheur infatigable s’est inscrit au programme de maîtrise en droit et politiques de la santé à l’Université de Sherbrooke.

«J’ai toujours aimé cette intersection du droit et de la médecine. Je m’intéresse particulièrement à l’influence des politiques publiques sur les populations vulnérables, surtout en matière de santé. Cette formation complémentaire me donnera les connaissances et les outils nécessaires pour enseigner et faire de la recherche sur des questions qui touchent directement ces communautés», espère-t-il. Le futur psychiatre songe ainsi à rester dans le milieu universitaire comme professeur et chercheur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

 

Wolf Thyma: réussir envers et pour tous

En marge de la 6e Journée scientifique du Groupe de recherche sur la maladie de Parkinson et des syndromes apparentés de l’Université de Montréal, une conférence grand public s’est tenue grâce au soutien de la Fondation Spinelli. 

La Journée scientifique du GRePSUM, organisée le 10 avril, soit la veille de la Journée mondiale de la maladie de Parkinson, a réuni plus de 65 personnes ‒ chercheuses et chercheurs, cliniciennes et cliniciens, étudiantes et étudiants ‒ autour des avancées menées à la Faculté de médecine et dans ses centres affiliés. 

Louis-Éric Trudeau

Le matin même, Louis-Éric Trudeau, professeur titulaire au Département de pharmacologie et physiologie et au Département de neurosciences, était invité à l’émission Tout un matin, sur ICI PREMIÈRE, pour faire le point sur cette maladie qui touche près de 25 000 personnes au Québec. 

La conférence grand public s’est déroulée quant à elle les 14 et 15 avril. La première journée s’est tenue en présence du donateur Pierre Spinelli et de ses proches. 

 

Des approches thérapeutiques en pleine évolution 

Animée par le professeur Louis-Éric Trudeau, la conférence a proposé deux présentations accessibles et éclairantes. 

  • Marie-Pierre Fournier-Gosselin

    La Dre Marie-Pierre Fournier-Gosselin, professeure agrégée de clinique au Département de chirurgie et chercheuse au Centre de recherche du CHUM, a d’abord présenté les principes et les développements récents de la stimulation cérébrale profonde. Cette approche bien établie continue d’évoluer : elle permet désormais non seulement de stimuler certaines régions du cerveau, mais aussi d’enregistrer leur activité, ouvrant la voie à des ajustements plus précis et personnalisés des traitements.

  • La professeure Janelle Drouin-Ouellet, de la Faculté de pharmacie, a ensuite abordé une avenue en plein essor : la thérapie par remplacement cellulaire. Cette stratégie vise à remplacer les neurones perdus à l’aide de cellules dérivées de cellules souches. Elle fait actuellement l’objet de nombreux essais cliniques à travers le monde, dont certains au CHUM. 

 

Ces travaux témoignent d’un progrès soutenu, à la fois dans le développement de nouvelles approches thérapeutiques et dans la compréhension des mécanismes de la maladie. Ils laissent entrevoir des avancées concrètes pour les personnes atteintes dans les années à venir. 

Maladie de Parkinson : lumière sur des avancées thérapeutiques prometteuses