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Une étude montre que les enfants à risque de trouble développemental du langage seraient plus dépendants des adultes pour interagir.
Quand on pense aux défis vécus par les enfants ayant un trouble développemental du langage, on imagine spontanément des difficultés à parler, comprendre ou raconter. On pense beaucoup moins à leurs effets sur la vie sociale. Pourtant, dès le préscolaire, certains enfants ont besoin de plus de soutien pour trouver leur place parmi les autres parce qu’ils présentent des problèmes liés au développement du langage.
C’est ce constat qui a motivé une étude réalisée par Marylène Dionne et Stefano Rezzonico, respectivement professeure adjointe de clinique et professeur agrégé à l’École d’orthophonie et d’audiologie de la Faculté de médecine de l’UdeM. Menée auprès de 63 enfants âgés de trois à cinq ans qui avaient le français comme langue dominante et qui fréquentaient des garderies montréalaises, l’étude comprenait 12 enfants désignés comme étant à risque de présenter un trouble développemental du langage. Ce trouble, qui concerne environ sept pour cent des enfants à leur entrée à l’école, touche principalement le développement du langage, sans être expliqué par une autre condition biomédicale comme une surdité ou une déficience intellectuelle. «C’est un trouble qui touche la prononciation, le vocabulaire, la structure des phrases, la compréhension, mais aussi l’utilisation sociale du langage», précise l’orthophoniste Marylène Dionne.
Quand les difficultés de langage freinent l’autonomie sociale chez les tout-petits
L’étude SARABI vise à mieux prédire les risques liés à la prééclampsie afin d’améliorer les décisions cliniques et de recentrer les soins sur la santé cardiovasculaire des femmes.
La prééclampsie demeure aujourd’hui l’une des principales complications de la grossesse, avec des conséquences immédiates et durables sur la santé des femmes et de leurs enfants. Malgré les avancées en obstétrique, cette maladie continue de causer une morbidité et une mortalité maternelles importantes, en particulier au cours de la période aigüe, qui va de la fin de la grossesse aux premières semaines du postpartum.
L’étude SARABI – portée par la Dre Isabelle Malhamé, professeure agrégée de clinique au Département d’obstétrique-gynécologie de la Faculté de médecine de l’UdeM, et une vaste équipe interdisciplinaire – se concentre précisément sur ce moment critique: l’équipe travaille à mettre au point un outil d’analyse du risque fondé sur l’imagerie cardiaque et des biomarqueurs. L’objectif: permettre une médecine de précision relative à la prééclampsie et améliorer la prise de décision en santé cardiovasculaire.
Au-delà de sa portée scientifique, l’étude SARABI est aussi – comme l’explique sa chercheuse principale – une étude qui replace la santé des femmes enceintes au cœur des questions cliniques en matière de prééclampsie. Elle propose un changement de paradigme: plutôt que de permettre des avancées seulement en fonction du moment idéal pour accoucher, elle invite à envisager la trajectoire de santé cardiovasculaire de la femme sur un continuum, pendant et après la grossesse, en reconnaissant des marqueurs de risque spécifiques et les déterminants structurels qui les aggravent.
Prééclampsie: prédire, prévenir et recentrer les soins sur les femmes enceintes
La professeure titulaire au Département de médecine de l’UdeM Marie-Pierre Dubé veut comprendre pourquoi les traitements médicamenteux n’agissent pas de la même façon chez tous – en particulier chez les femmes.
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en analyse des données pour la médecine de précision, la professeure de médecine de l’Université de Montréal Marie-Pierre Dubé cherche depuis plus de 20 ans à comprendre pourquoi certaines personnes répondent bien aux médicaments tandis que d’autres en retirent peu de bienfaits – ou en subissent davantage les effets indésirables.
Spécialiste reconnue en épidémiologie génétique, en biostatistique, en pharmacogénomique et en cardiologie, la chercheuse a publié près de 300 articles scientifiques au cours de sa carrière. Elle détient 13 brevets, a obtenu 75 subventions de recherche, présenté ses travaux dans plus de 70 conférences et fait un exposé TEDx.
Son parcours de formation illustre cette trajectoire remarquable. Après un baccalauréat en génétique humaine à l’Université McGill, elle a accédé directement au doctorat en biologie. Un passage dans l’industrie pharmaceutique a suivi avant qu’elle rejoigne les rangs de l’Université de Montréal en 2005 comme professeure adjointe.
Aujourd’hui, en plus de sa chaire de recherche, elle dirige le Centre de pharmacogénomique de l’Institut de cardiologie de Montréal, affilié à l’UdeM.
«On me dit souvent que je fais trop de choses, mais j’ai toujours l’impression que ce n’est jamais assez», confie-t-elle.
Quand la génétique éclaire l’efficacité des traitements
Le neuroscientifique Guillaume Dumas s’affaire à mieux comprendre la conscience, la cognition et l’activité cérébrale dans une perspective interpersonnelle et relationnelle.
Et si la cognition ne se révélait pas seulement dans un cerveau isolé, mais bien dans la relation entre plusieurs esprits?
C’est la question au cœur de deux articles récents de Guillaume Dumas, professeur agrégé au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal et chercheur principal au Laboratoire de psychiatrie de précision et physiologie sociale du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.
Titulaire de la Chaire en neuro-IA sociale et psychiatrie interpersonnalisée et membre de Mila – l’Institut québécois d’intelligence artificielle –, l’expert reconnu à l’échelle internationale s’illustre par ses travaux à l’avant-garde des neurosciences sociales et de l’intelligence artificielle (IA).
Sa lunette: déplacer le regard de l’individu seul vers l’interaction et montrer que certaines différences cognitives ne se comprennent pleinement qu’à deux ou à plusieurs.
«Personne n’est une île» : la cognition naît dans la relation
La nutritionniste Marie Marquis et le gestionnaire Frédérick Lozeau Laplante publient le premier ouvrage consacré à l’alimentation de près de 150 000 Québécois vivant en résidence privée pour aînés.
Au Québec, près de 150 000 personnes vivent dans une résidence privée pour aînés (RPA). Que mangent-elles et dans quelles conditions?
La question est au cœur d’un livre que cosignent Marie Marquis et Frédérick Lozeau Laplante: L’alimentation en RPA: défis, perspectives et avenir, publié aux Presses de l’Université du Québec.
Le duo met l’accent sur un angle mort du Règlement sur la certification des résidences privées pour aînés: «Orienté sur la santé et la sécurité des résidents, il ne comporte qu’un seul article encadrant l’alimentation et celui-ci ne prescrit que des menus conformes au Guide alimentaire canadien, sans égard à la réalité opérationnelle», relève Frédérick Lozeau Laplante, directeur général d’une RPA et ancien directeur commercial des services alimentaires d’un ancien gros joueur de l’industrie.
Pour la professeure honoraire du Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’UdeM Marie Marquis, il importait d’aller «au-delà des seules prescriptions nutritionnelles et d’intégrer la composante sociale de l’alimentation», explique-t-elle.
Le livre s’adresse à plusieurs publics: futurs résidents et leurs proches, résidents actuels, gestionnaires de RPA, professionnels de la santé et décideurs publics.
Alimentation en RPA: quand l’assiette devient un enjeu de santé, de dignité et de plaisir
L’Université de Montréal souligne le parcours exceptionnel de Françoise Barré-Sinoussi, pionnière de la recherche sur le VIH et figure centrale de la lutte contre le sida.
L’Université de Montréal a décerné un doctorat honoris causa à Françoise Barré-Sinoussi, figure majeure de la virologie et de la lutte contre le VIH. En 1983, à l’Institut Pasteur, elle découvre avec Luc Montagnier l’agent causal du sida, une avancée déterminante qui leur vaudra le prix Nobel de médecine en 2008.
Née à Paris en 1947, elle intègre en 1971 le laboratoire de Jean-Claude Chermann dans le service d’immunochimie de l’Institut Pasteur. Elle obtient un doctorat d’État en virologie en 1974, puis effectue un stage postdoctoral au National Cancer Institute, aux États-Unis. Elle est par la suite recrutée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale en France.
Elle mène toute sa carrière à l’Institut Pasteur. De 1974 à 1988, elle est membre du laboratoire du Dr Chermann dans l’unité d’oncologie virale dirigée par Luc Montagnier. En 1988, elle dirige son propre laboratoire, contribuant aux travaux pour mettre au point un vaccin et pour comprendre la pathogenèse du VIH. Elle dirigera successivement l’unité de biologie des rétrovirus (1992-2004), puis l’unité de régulation des infections rétrovirales (2005-2016).
Ses travaux ont donné lieu à quelque 270 publications originales dans des journaux scientifiques internationaux, à plus de 120 revues dans des livres et plus de 250 communications dans des congrès internationaux.
« C’est un immense honneur pour notre Faculté de compter désormais la professeure Françoise Barré-Sinoussi parmi les docteures honoris causa de l’Université de Montréal, a pour sa part souligné le doyen de la Faculté de médecine, Patrick Cossette. En identifiant l’agent causal du VIH, elle a transformé la recherche et amélioré la vie de millions de personnes, en particulier des populations les plus vulnérables. Elle incarne les valeurs qui nous sont chères : l’excellence, la rigueur et l’humanisme. Nous sommes très heureux qu’elle ait accepté de rejoindre notre communauté. » ‒ Patrick Cossette, doyen de la Faculté de médecine
« Françoise Barré-Sinoussi est l’exemple même d’une scientifique accomplie qui, par son engagement envers la cause du sida, a veillé à ce que la science soit au service de l’humanité, en particulier des personnes les plus vulnérables. » ‒ Éric Cohen, vice-doyen, affaires professorales et développement académique, Faculté de médecine
L’UdeM honore Françoise Barré-Sinoussi, codécouvreuse du VIH
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