Et si de simples sons pouvaient accroître l’effet de l’anesthésie?

Une équipe de recherche fait le pari qu’une stimulation auditive pourrait amplifier certaines ondes cérébrales chez des patients sous anesthésie afin de stabiliser ou d’approfondir cet état.

Dans le cerveau, certaines ondes électriques sont associées à des états bien précis. Les ondes delta – aussi appelées ondes lentes – sont particulièrement présentes dans les phases de sommeil profond, mais aussi dans des états d’inconscience comme le coma ou l’anesthésie générale. On considère qu’elles constituent ainsi une «signature» de ces états où la conscience est altérée.

Il y a plus de 10 ans, la recherche a montré qu’il était possible d’amplifier ces ondes lentes grâce à une stimulation auditive très précise, une technique d’abord étudiée dans un contexte de sommeil.

Une équipe de recherche a eu l’idée d’appliquer cette technique en contexte médical.

Derrière ce pari se trouve Catherine Duclos, professeure sous octroi adjoint au Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur et au Département de neurosciences de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre d’études avancées en médecine du sommeil et au Centre intégré de traumatologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.

 

Une question de synchronisation

Ce nouveau protocole de recherche vise à évaluer si une stimulation auditive en boucle fermée peut renforcer la dynamique des ondes delta lors d’une anesthésie et ainsi contribuer à stabiliser cet état sans nécessairement augmenter la dose d’anesthésiques.

Concrètement, il s’agit d’envoyer de courts sons semblables à de légers «clics» à des moments précis du cycle des ondes cérébrales, elles-mêmes surveillées en temps réel par électroencéphalographie.